Publicité pour les énergies fossiles : pourquoi la France passe (enfin) à l’action
Les énergies fossiles sont responsables d’environ 75 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre et de près de 90 % des émissions de CO₂, selon l’ONU. Elles constituent donc, de très loin, l’un des principaux moteurs du changement climatique. Dans ce contexte, la question de l’encadrement, voire de l’interdiction, de leur publicité devient un enjeu majeur.
L’objectif d’une telle mesure n’est pas seulement de limiter la promotion de ces produits, mais aussi de faire évoluer progressivement les représentations collectives. Si l’interdiction de la publicité pour le tabac n’a, par exemple, pas été simple à mettre en place, elle a contribué à « dénormaliser » la cigarette.
Pour les énergies fossiles, l’idée est similaire : réduire leur présence dans l’espace public, limiter leur valorisation et, à terme, les rendre moins acceptables. Cette évolution des normes pourrait alors accompagner une diminution progressive de leur consommation.
Dans cette dynamique, mardi 7 juillet, le gouvernement a confirmé qu'un décret interdisant les publicités faisant la promotion des énergies fossiles serait publié d'ici à la fin de l'année. Pourtant, cette interdiction avait déjà été inscrite dans la loi Climat et Résilience, adoptée en 2021. Faute de décret d’application, la mesure n’était toutefois jamais entrée en vigueur. Près de cinq ans après son adoption, le gouvernement s’apprête donc à la rendre effective.
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Un décret jugé incomplet
De nombreuses associations écologistes jugent la loi incomplète. Le décret n’interdit en effet pas les publicités pour les voyages en avion, l’achat de SUV, les croisières, etc.
Les organisations écologistes plaident pour une mesure plus ambitieuse, inspirée du principe de la loi Evin. Elles demandent l'interdiction de l'ensemble des communications publicitaires des entreprises du secteur des hydrocarbures, et non des seules campagnes faisant la promotion des produits pétroliers ou du gaz fossile. Selon elles, ces dernières sont déjà relativement rares, ce qui limiterait la portée concrète de la mesure.
Les publicités qui présentent les énergies fossiles comme normales aggravent le dérèglement climatique et n’ont pas leur place dans une ville.
Amsterdam, capitale pionnière
Bien que la France ait encore du retard sur ces questions, ce n’est pas le cas de la capitale des Pays-Bas, Amsterdam. Depuis mai dernier, si l’on se balade dans les rues, on ne trouve plus de publicité pour la viande ou pour des vols à bas coût…
De nombreuses villes comme Sydney ou Stockholm avaient déjà fait le choix de ne plus faire la promotion des énergies fossiles mais Amsterdam a étendu l’interdiction à la viande. En effet, l'élevage représente près de 14,5% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, dont environ 9% pour les bovins.
Si ce mouvement se généralise de plus en plus, c’est parce que la publicité façonne nos désirs et donc nos comportements. Il ne s’agit pas de condamner mais d’essayer de ne plus normaliser les publicités qui ne sont pas compatibles avec les enjeux climatiques. "La décision d’interdire la publicité pour les énergies fossiles dans les stations de métro intervient à un moment crucial de la lutte contre le changement climatique. Les publicités qui présentent les énergies fossiles comme normales aggravent le dérèglement climatique et n’ont pas leur place dans une ville – ni dans un pays – qui a respecté l’Accord de Paris", a expliqué Femke Sleegers, coordinatrice de l’initiative Reclame Fossielvrij (Publicité sans fossiles) au média We Demain.
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Vers des publicités plus vertueuses
Interdire la publicité pour les énergies fossiles (ou même pour la viande) dans l'espace public permet aussi de libérer de la place pour des alternatives plus compatibles avec les objectifs climatiques, la santé publique et la protection de l'environnement. Les campagnes en faveur des transports en commun, du vélo, des énergies renouvelables ou d'une alimentation davantage végétale pourraient ainsi bénéficier d'une plus grande exposition.
Source: www.linfodurable.fr
