Canicule et santé mentale, pourquoi la chaleur nous affecte autant ?
À cela s'ajoute un inconfort permanent. La transpiration, les étourdissements, cette fatigue poisseuse qui ne lâche pas. Le corps est en alerte. L'esprit paie la note. On se concentre moins bien, on supporte moins la frustration, on rumine davantage. Rien d'étonnant à se sentir vidé après plusieurs jours de fournaise.
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Le sommeil, premier maillon essentiel de qui cède
Si un seul facteur devait résumer tout le reste, ce serait le sommeil. Les nuits dites tropicales, quand le mercure ne descend plus sous les 20 degrés, empêchent le corps de récupérer. On s’endort tard, on se réveille en nage, on tourne dans le lit.
Or un cerveau privé de sommeil devient un cerveau à fleur de peau. Il gère moins bien les émotions, encaisse moins le stress et voit tout en plus sombre. Ce manque de repos est d'ailleurs la première cause identifiée de la hausse des épisodes dépressifs pendant les vagues de chaleur. Quelques nuits suffisent à faire basculer une humeur déjà fragile.
Une chaleur qui pèse aussi sur les troubles plus lourds
Le phénomène ne se limite pas à un simple coup de mou passager. Des chercheurs de l'Imperial College de Londres ont montré que les canicules s'accompagnent d'une hausse des hospitalisations pour troubles psychiques, ainsi que d'une augmentation des suicides. Et ces effets concernent toute la population, pas seulement les personnes déjà fragiles.
Chez celles qui vivent avec un trouble psychique, la chaleur agit comme la goutte d'eau de trop. Elle peut précipiter une décompensation, c'est-à-dire une aggravation soudaine des symptômes. Les psychiatres constatent chaque été une recrudescence des situations difficiles. La canicule n'est jamais la cause unique. Elle fait simplement pencher la balance.
Il existe enfin une dimension plus diffuse. Chaque record de température ravive chez certains une véritable angoisse face au dérèglement climatique, ce que l'on nomme l'éco-anxiété. La canicule n'est alors plus seulement une épreuve du présent, elle devient le rappel concret d'un avenir incertain, ce qui pèse à son tour sur le moral.
Qui est le plus exposé à la chaleur psychique ?
Certains profils encaissent plus durement. Les personnes âgées, celles qui vivent seules, les patients suivis pour un trouble psychique. On y ajoute les travailleurs exposés au soleil et les foyers en précarité énergétique qui n'ont aucun endroit frais où se réfugier.
Un point mérite une vigilance particulière. Plusieurs médicaments, notamment certains antidépresseurs et neuroleptiques, perturbent la thermorégulation du corps. Sous ces traitements, on ressent parfois moins la chaleur, voire plus du tout. Le risque de déshydratation grimpe alors sans que la personne s'en aperçoive. La règle reste simple : on n'arrête jamais un traitement de soi-même, on en parle à son médecin qui l'ajustera si besoin.
Bien s'informer et savoir vers qui se tourner fait une vraie différence. Des mutuelles comme Aésio mutuelle peuvent compléter la prise en charge d’un suivi psychologique ou de séances de médecine douce, un relais utile quand le moral flanche et qu’un accompagnement devient nécessaire.
Comment préserver son équilibre mental pendant une canicule ?
La bonne nouvelle, quelques réflexes simples limitent la casse. Tout commence par le sommeil. Rafraîchir la chambre en fin de nuit, fermer les volets la journée, dormir léger, prendre une douche avant de se coucher et s'hydrater régulièrement aident le corps à souffler.
Le lien social compte tout autant. Un appel à un proche isolé, une visite à un voisin âgé, un moment partagé au frais dans une bibliothèque ou un lieu climatisé. Ces petits gestes rompent l'isolement, qui pèse lourd quand la chaleur enferme chacun chez soi.
Reste à savoir écouter les signaux. Une irritabilité inhabituelle, des idées noires, une confusion ou un changement brutal de comportement ne doivent jamais être minimisés. Dans ces moments, mieux vaut consulter sans attendre un professionnel de santé. En cas de détresse, le 3114, numéro national de prévention du suicide, répond gratuitement et à toute heure.
Faut-il prendre la canicule au sérieux pour la tête aussi ?
La réponse est oui, sans hésiter. Longtemps réduite à une question de confort ou de coup de chaleur, la canicule s'impose désormais comme un enjeu de santé à part entière, mentale comprise. Alors que les étés se réchauffent, apprendre à protéger son moral devient aussi essentiel que penser à boire. Des mesures doivent être prises afin d’accompagner le réchauffement climatique.
Rien de fataliste pour autant. Comprendre le mécanisme, veiller sur les plus fragiles et savoir demander de l'aide suffisent souvent à traverser l'été la tête haute.
Contenu partenaire. La rédaction d'ID n'a pas participé à la production de cet article.
Source: www.linfodurable.fr
