Le ministère de la Transition écologique a publié, le 28 octobre 2026, le deuxième plan d’action de la stratégie nationale pour les aires protégées (SNAP). Pour la période 2026-2030, le document fixe un objectif de 10 % du territoire terrestre national sous protection forte, dont au moins 3 % des terres de l’Hexagone, et prévoit de renforcer la gestion des espaces déjà protégés.
Ces engagements figurent dans le plan national d’actions 2026-2030, élaboré avec notamment l’Office français de la biodiversité (OFB). Ils complètent les objectifs généraux de couverture des aires protégées par des cibles propres aux territoires terrestres et aux façades maritimes métropolitaines.
Table des matières
Une protection forte encore inégalement répartie
Selon le bilan présenté par le ministère, 32,6 % des espaces terrestres français sont couverts par une aire protégée, mais 6,49 % seulement bénéficient d’une protection forte. En mer, ces proportions atteignent respectivement 78 % et 23 %. À l’échelle nationale, l’objectif de 10 % de protection forte est déjà dépassé, notamment grâce aux surfaces marines et ultramarines. Le nouveau cap terrestre répond à cette différence de répartition.
Le plan prévoit également qu’au moins 5 % des façades maritimes hexagonales relèvent d’une protection forte d’ici 2030. Il s’agit d’objectifs de déploiement : leur inscription dans la stratégie ne vaut pas classement immédiat des territoires concernés. Les périmètres et les règles applicables dépendront des procédures et des instruments de protection retenus.
52 actions, avec une priorité à l’efficacité de la gestion
Le document ramène de 139 à 52 le nombre d’actions nationales inscrites dans cette deuxième phase. Il fait suite à l’évaluation intermédiaire de 2025 et à l’identification de plus de 600 projets d’aires protégées ou de zones de protection forte dans les territoires.
La stratégie porte désormais davantage sur la qualité de la gestion, le suivi des habitats et des espèces, l’adaptation au changement climatique et la réduction des pressions exercées à l’intérieur comme autour des espaces protégés. Le plan prévoit notamment des outils communs d’évaluation, un suivi harmonisé des résultats et une coordination entre gestionnaires.
L’OFB intervient à plusieurs niveaux, notamment dans le développement des méthodes d’évaluation et l’accompagnement des gestionnaires. Son programme LIFE BIODIV’FRANCE comprend déjà des actions d’outillage des aires protégées et d’appui à l’émergence de zones de protection forte en mer.
Des conséquences à préciser pour les activités économiques
La feuille de route associe les collectivités, les gestionnaires d’espaces naturels et les acteurs professionnels. Elle prévoit d’analyser les pressions liées aux activités humaines, de rechercher des pratiques compatibles avec la conservation des milieux et d’expérimenter des modèles économiques durables au sein des aires protégées.
Le plan évoque aussi la mobilisation de financements privés complémentaires, l’étude de leviers fiscaux favorables et des projets susceptibles de donner lieu à des crédits carbone ou biodiversité. Ces orientations constituent des chantiers à développer, non des aides nouvelles immédiatement ouvertes ou des obligations générales déjà entrées en vigueur.
La mise en œuvre reposera sur les plans d’action territoriaux, sous le pilotage des autorités compétentes, et sur des fiches précisant pour chaque action les responsables, les livrables et les échéances. L’enjeu des prochaines années sera donc autant de concrétiser les projets identifiés que de mesurer l’effet des protections sur les écosystèmes.
Cet article Aires protégées : la France fixe de nouvelles cibles de protection forte d’ici 2030 est apparu en premier sur Green et Vert.
Source: www.greenetvert.fr
