Les pêcheurs professionnels d’anguilles, de saumons, de lamproies et d’aloses peuvent désormais demander une indemnisation pour sortir volontairement de la flotte. Le ministère chargé de la Mer a annoncé le 28 octobre 2026 l’ouverture du guichet auprès de FranceAgriMer, avec une enveloppe initiale de 10 millions d’euros destinée aux armateurs éligibles.
Le dispositif concerne les pêcheries d’espèces amphihalines, c’est-à-dire des poissons qui accomplissent leur cycle de vie entre les eaux marines et les eaux douces. Il s’adresse aux professionnels actifs sur ces pêcheries en Atlantique et en Méditerranée. La mesure répond à la dégradation de l’état des populations migratrices, particulièrement celui de l’anguille européenne, classée en danger critique d’extinction.
Table des matières
Un dépôt des demandes ouvert jusqu’au 30 novembre
Selon le communiqué du ministère de la Transition écologique, les armateurs doivent déposer leur dossier sur la plateforme dématérialisée de FranceAgriMer avant le 30 novembre 2026 à 15 heures. L’administration prévoit une instruction au fil de l’eau. Les dossiers complets et éligibles seront payés par ordre d’arrivée, avec des versements susceptibles de se poursuivre en 2027.
Les critères reposent notamment sur le degré de dépendance de l’activité aux espèces concernées. Les barèmes d’indemnisation ont été élaborés avec les représentants professionnels pour tenir compte du caractère saisonnier de ces pêcheries. L’enveloppe de 10 millions d’euros constitue le budget annoncé pour le plan, et non une indemnité forfaitaire par bateau.
Une réponse économique à la baisse des populations migratrices
Le plan prolonge un engagement pris par la France lors de la Conférence des Nations unies sur l’océan, organisée à Nice en juin 2025. Il associe deux objectifs distincts : accompagner financièrement les armateurs qui renoncent à cette activité et réduire la pression de pêche sur des espèces dont les stocks sont fragilisés.
Le compte rendu de Marine & Océans publié le 28 octobre rapporte que le Comité national des pêches maritimes et des élevages marins accueille favorablement l’accompagnement des professionnels, tout en soulignant que la réduction du nombre de navires ne suffira pas, à elle seule, à rétablir les populations de poissons migrateurs. La restauration des habitats et les autres pressions qui affectent ces espèces demeurent des enjeux de conservation.
Un dispositif distinct attendu pour les pêcheurs en eau douce
Le guichet annoncé concerne les pêcheurs maritimes professionnels actifs en Atlantique et en Méditerranée. Le ministère prévoit un mécanisme comparable pour les pêcheurs professionnels en eau douce, mais indique seulement qu’il ouvrira dans les prochaines semaines. Les deux procédures ne doivent donc pas être confondues.
Pour les armateurs intéressés par la sortie volontaire de flotte, le calendrier est déjà fixé : les demandes maritimes doivent être déposées avant l’échéance du 30 novembre, puis seront examinées selon leur complétude et les conditions d’éligibilité propres au dispositif.
Cet article Pêche des anguilles et poissons migrateurs : 10 millions d’euros pour la sortie volontaire de flotte est apparu en premier sur Green et Vert.
Source: www.greenetvert.fr
