L'épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo a dépassé les 10 000 cas confirmés. Le seuil a été franchi au 25 octobre 2026, avec 10 060 infections recensées. Selon le rapport n°165 de l'Institut national de santé publique, le bilan s’élevait au 26 octobre à 10 141 cas et 4 928 décès. Cette flambée, due au virus Bundibugyo, rappelle également un enjeu de recherche : l’origine animale précise du virus n’a pas été identifiée.
Table des matières
Ebola en RDC : un virus d'origine animale encore mal connu
Ebola appartient aux maladies zoonotiques, susceptibles de passer de l'animal à l'être humain. Une fois l'infection installée, le virus peut se transmettre entre personnes par contact direct avec des liquides biologiques infectés. Dans la flambée actuelle en RDC, la circulation est principalement liée à cette transmission interhumaine.
La FAO souligne dans sa fiche scientifique de juillet 2026 qu’aucune espèce animale ni aucun événement d’exposition n’ont été identifiés comme source des premières infections humaines. Le réservoir naturel du virus Bundibugyo demeure inconnu. Des travaux sur différentes espèces sauvages existent, mais ne permettent pas d’attribuer cette épidémie à un animal déterminé.
Les chauves-souris ne doivent pas être désignées sans preuve
Dans une déclaration commune du 19 juin, les secrétariats de la Convention sur les espèces migratrices (CMS) et d’EUROBATS ont mis en garde contre l’attribution sans preuve de l’épidémie aux chauves-souris. Aucun virus Bundibugyo vivant n’a été isolé chez ces animaux, relèvent-ils.
Ces organisations rappellent que la destruction de colonies de chauves-souris n'a pas de bénéfice sanitaire démontré et pourrait nuire à des espèces qui participent à la pollinisation, à la dispersion des graines et à la régulation d'insectes. Elles appellent à des messages de prévention fondés sur les résultats scientifiques, sans stigmatiser la faune sauvage.
Associer surveillance sanitaire et biodiversité
L'Organisation mondiale de la santé animale (OMSA) recommande de renforcer la coopération entre services de santé, vétérinaires et acteurs de l’environnement. Cette démarche, dite « Une seule santé », vise notamment à mieux surveiller les interactions entre humains, animaux et milieux naturels, et à améliorer la détection des risques de transmission entre espèces.
Sur le terrain congolais, la réponse immédiate reste centrée sur le dépistage, la prise en charge des patients et le suivi des contacts. Le dernier rapport national recense 66 zones de santé touchées dans huit provinces et 81 nouveaux cas au 26 octobre. La recherche sur les origines animales du virus constitue un volet complémentaire de la prévention, sans se substituer aux mesures nécessaires pour interrompre les contaminations actuelles.
Sources :INSP, rapport de situation n°165, 27 octobre 2026 ; FAO, profil du virus Bundibugyo, juillet 2026 ; CMS et EUROBATS, 19 juin 2026 ; OMSA, 2 juin 2026.
Cet article Ebola en RDC : plus de 10 000 cas, l’origine animale du virus reste inconnue est apparu en premier sur Green et Vert.
Source: www.greenetvert.fr
