Panorama EY et EVOLEN : portées par l’innovation, les entreprises françaises au service de l’énergie affichent leur confiance
La conjoncture n’incite guère à l’euphorie. En 2025, le marché français des acteurs énergétiques a reculé de 4,3 %, à 314 milliards d’euros. Pourtant, les entreprises françaises qui fournissent la filière résistent : leur marché se maintient à 46 milliards d’euros et leurs effectifs restent stables, à 108 000 emplois. Dans un environnement marqué par les incertitudes économiques et les recompositions industrielles, cette stabilité constitue en soi un signal encourageant.
Mais le principal enseignement du panorama 2026 d’EY et d’EVOLEN réside ailleurs : le moral des entreprises progresse. Sept répondants sur dix se disent confiants dans leurs perspectives à douze mois, soit neuf points de plus qu’en 2025. Plus encore, 89 % déclarent avoir confiance dans leur capacité à innover, en hausse de sept points. Une dynamique qui témoigne de la volonté des acteurs de ne pas subir les transformations du secteur, mais d’en faire un levier de développement.
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L’innovation se traduit aussi dans les investissements
Cet optimisme ne repose pas uniquement sur des intentions. Les investissements des entreprises françaises au service de l’énergie sont passés de 1,48 milliard d’euros en 2024 à 1,69 milliard en 2025, soit une progression de 14 %. Les dépenses de recherche et développement atteignent, quant à elles, 37,7 millions d’euros, contre 35 millions un an auparavant. Des montants qui restent modestes au regard de l’ensemble des investissements, mais dont la progression illustre l’attention portée au renouvellement des solutions et des savoir-faire. Dans une filière confrontée à des transformations technologiques, industrielles et environnementales, la capacité à innover devient un facteur de différenciation autant qu’une condition de pérennité.
Les perspectives offertes par les nouvelles énergies alimentent cette confiance. Plus d’un tiers des entreprises interrogées anticipent une croissance supérieure à 10 % de leurs activités dans ce domaine au cours des cinq prochaines années. La transition énergétique apparaît ainsi non seulement comme une exigence de transformation, mais aussi comme une source de débouchés pour les entreprises capables de proposer des solutions adaptées aux besoins de la filière.
Les compétences, nerf de la guerre
Encore faut-il disposer des ressources humaines nécessaires pour accompagner cette évolution. Pour les entreprises interrogées, le capital humain demeure le premier enjeu opérationnel, devant l’innovation. Le signal est d’autant plus important que 92 % des répondants envisagent de maintenir ou d’augmenter leurs effectifs dans les six prochains mois.
La confiance dans la capacité à recruter progresse également fortement, à 88 %, soit 17 points de plus que l’année précédente. Cette amélioration ne signifie pas pour autant que les difficultés ont disparu. Plus de la moitié des entreprises interrogées (52 %) signalent des tensions dans les métiers des opérations et de l’exploitation ; 38 % rencontrent des difficultés dans l’ingénierie et les projets industriels.
Le manque de candidatures qualifiées reste le premier frein identifié. La filière doit donc réussir à attirer de nouveaux profils, à élargir ses viviers de recrutement et à fidéliser les compétences dont elle a besoin. Car l’innovation ne produit ses effets que si elle peut s’appuyer sur des équipes capables de concevoir, d’industrialiser et de déployer les solutions.
Une confiance qui se heurte aux limites du modèle français
C’est ici que le tableau se nuance : si les entreprises affichent une confiance élevée dans leurs capacités propres, elles sont beaucoup moins convaincues de la compétitivité de leur environnement. Selon le baromètre, 72 % des répondants jugent la France compétitive par rapport aux autres pays de l’Union européenne. Mais ils ne sont plus que 26 % à considérer la chaîne de valeur française des énergies compétitive… à l’échelle mondiale.
Cet écart est révélateur. Il suggère que les entreprises ne doutent pas tant de leurs savoir-faire que de leur capacité à les valoriser dans un environnement international toujours plus concurrentiel. La préférence européenne et les contraintes réglementaires figurent d’ailleurs parmi les enjeux émergents identifiés par les répondants, aux côtés du financement, qui demeure une préoccupation majeure.
La situation des start-up illustre particulièrement ce décalage entre potentiel et capacité de développement. Parmi celles interrogées, 71 % rencontrent des difficultés lors de leurs levées de fonds, contre 55 % en 2025. Les obstacles ne se limitent toutefois pas à l’accès au capital : les cycles de vente trop longs, les difficultés à entrer en contact avec les grands donneurs d’ordre et les procédures d’appels d’offres inadaptées compliquent également leur accès au marché. Autrement dit, la capacité d’innovation ne suffit pas : il importe que les entreprises puissent financer leurs projets, accéder aux clients et transformer leurs avancées technologiques en activité commerciale.
Passer de la résilience à la conquête
Le panorama EY-EVOLEN dessine ainsi le portrait d’une filière qui conserve de solides atouts : une activité résistante, des investissements en hausse, une confiance affirmée dans l’innovation et des perspectives de croissance dans les nouvelles énergies. Mais il met également en évidence les conditions nécessaires pour transformer cette dynamique en succès durable.
L’enjeu dépasse celui des entreprises elles-mêmes. Il concerne la capacité de la France et de l’Europe à faire émerger des acteurs industriels compétitifs, à financer leur développement et à leur donner accès aux marchés. Dans une période où la souveraineté énergétique et industrielle s’impose comme une préoccupation stratégique, laisser des entreprises innovantes buter sur les financements, les recrutements ou les conditions d’accès aux grands marchés serait un paradoxe.
Source: www.linfodurable.fr
