Horaires aménagés, refuges climatiques… l’exemple de l’Espagne pour faire face à la canicule
"Il faut qu'on considère en fait que la France, l'été, ça devient l'Espagne", a déclaré le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou sur Franceinfo. « Il faut aller [à Madrid], et comprendre comment ça marche, comment ils ont pris cette décision, qu’est-ce que ça donne ? Est-ce qu’ils sont satisfaits des résultats ? »
Le ministre a eu l’idée de proposer aux partenaires sociaux un « voyage d’études » pour comprendre « comment la société espagnole s’est adaptée » aux fortes chaleurs. « On va aller ensemble en Espagne », a-t-il expliqué.
En effet, le pays revient souvent dans les discussions quand on aborde les sujets liés à la canicule et l’adaptation de la France.
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Un pays pionnier en termes d’adaptation
Davantage exposée aux épisodes climatiques meurtriers, l’Espagne a mis en place, dès le début des années 2000, un plan d’action destiné à faire face aux fortes chaleurs. Selon le HuffPost : »À la même époque, la France n’en était qu’à ses balbutiements » qui à chaque épisode de chaleur extrême est pris de cours.
L'Espagne est connue pour ses horaires décalés. La journée de travail y débute généralement vers 9 heures, tandis que la pause déjeuner intervient aux alentours de 14 heures, soit bien plus tard que dans de nombreux autres pays. Les salariés reprennent ensuite leur activité vers 16 heures, après une longue pause.
Selon Courrier international, l’origine de ces horaires remonterait à la dictature franquiste. Dans les années 1940, Francisco Franco avait choisi d’aligner le fuseau horaire espagnol sur celui de l’Allemagne nazie. Plus de 80 ans plus tard, cette décision continue de faire débat. Mais à l’heure du réchauffement climatique, ce rythme de vie suscite un nouvel intérêt. Au-delà de cette organisation du temps, d’autres mesures mises en place en Espagne pour faire face aux fortes chaleurs retiennent également l’attention des élus français.
Vers des congés climatiques ?
Pendant une conférence de presse, Marine Tondelier a annoncé que son parti déposerait une proposition de loi pour instaurer un congé climatique de cinq jours maximum par an afin de protéger les travailleurs des aléas climatiques.
Le texte s’inspire directement de l'Espagne, qui avait adopté une mesure similaire en novembre 2024. Celle-ci avait été instaurée suite aux inondations meurtrières qui avaient frappé la région de Valence et causé la mort de plus de 230 personnes. Ce drame a profondément marqué le pays. En effet, une grande partie des victimes s’étaient retrouvées piégées dans leurs voitures après avoir été contraintes de se rendre au travail malgré les alertes météorologiques.
Nous commençons à 7h15 au lieu de 8 heures et nous terminons à 13h15 au lieu de 15 heures.
Le ministre du Travail a, de son côté, privilégié l’idée de l'adaptation des horaires de travail pour faire face aux fortes chaleurs. Dans le secteur culturel, la ministre, Catherine Pégard, a annoncé ce samedi 20 juin que plusieurs monuments historiques et musées envisageaient d'aménager leurs horaires d'ouverture et de limiter le nombre de visiteurs afin d'éviter les longues files d'attente à l’extérieur.
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Des horaires aménagées
En Espagne, de nombreux travailleurs adoptent la "journée intensive", un aménagement des horaires qui concentre l’activité entre 8 heures et 15 heures afin d’éviter les fortes chaleurs de l’après-midi. Plusieurs villes ont également renforcé leurs dispositifs d’adaptation. À Madrid, le métro est entièrement climatisé, tandis que d’autres municipalités ont créé des « refuges climatiques » : des bâtiments publics climatisés, accessibles à tous et équipés de points d’eau. Cet été, une nouvelle réglementation dans le secteur de l’hôtellerie-restauration prévoit aussi la fermeture des terrasses des bars, cafés et restaurants en cas de chaleur extrême lorsque celles-ci ne disposent pas de zones d’ombre.
Sur Franceinfo, Carmen González Quesada, employée des espaces verts à Barcelone, explique que les horaires ont été adaptés pour éviter les fortes chaleurs. « Nous commençons à 7h15 au lieu de 8 heures et nous terminons à 13h15 au lieu de 15 heures. Cela nous permet d’éviter près de deux heures d’exposition aux températures les plus élevées », explique-t-elle. Les agents disposent également d’un bracelet connecté qui surveille leur température corporelle. Distribué à 1 500 employés travaillant en extérieur, cet équipement alerte en cas de risque de coup de chaleur. « Lorsqu’il vibre, nous nous arrêtons pour nous reposer », explique Judit Membiela, employée des parcs et jardins de Barcelone sur Franceinfo.
Source: www.linfodurable.fr
