Des associations et collectifs de quinze pays européens préparent deux journées d’actions, les 6 et 7 novembre 2026, contre la multiplication des grands centres de données. Selon les informations publiées le 5 novembre par The Guardian, plus d’une centaine de groupes participent à la campagne « Stop Dirty Data Centres ». Des initiatives sont annoncées notamment à Dublin, Varsovie, Amsterdam, au Danemark et dans l’est de Londres.
Le mouvement demande un moratoire sur certains projets de grande taille. Ses organisateurs mettent en avant la consommation d’électricité, les besoins en eau pour le refroidissement et la concurrence potentielle avec d’autres usages des terrains et des infrastructures. Ces arguments constituent des revendications des collectifs : ils ne signifient pas que chaque installation présente les mêmes effets locaux.
La question du raccordement devient centrale
Les centres de données hébergent des serveurs nécessaires aux services numériques, au stockage informatique et aux applications d’intelligence artificielle. Les installations les plus importantes nécessitent une alimentation électrique robuste et continue. Lorsqu’elles se concentrent dans une même région, les demandes de raccordement peuvent exercer une pression sur les capacités disponibles et entraîner des travaux de renforcement.
Le quotidien britannique rapporte qu’au Royaume-Uni, 315 projets de centres de données attendent un raccordement, représentant une puissance demandée de 73 GW. Il s’agit d’une somme de demandes dans une file d’attente, non de la consommation réelle de sites déjà en activité. Comparer directement cette puissance à la pointe nationale donne un ordre de grandeur des ambitions affichées, mais pas une prévision de demande simultanée.
Les opposants contestent également les émissions associées à la construction et à l’exploitation de ces infrastructures. Le bilan dépend de la quantité d’électricité consommée, de son origine, de l’efficacité des équipements et de leur durée d’utilisation. Il varie donc considérablement selon les projets.
Des arbitrages locaux plutôt qu’une réponse uniforme
Les exploitants mettent en avant les emplois, les investissements et l’importance stratégique des infrastructures numériques. Les collectivités doivent de leur côté apprécier les besoins de réseau, les prélèvements d’eau, l’occupation des sols et les bénéfices économiques effectivement attendus. Ces paramètres ne se résument pas à la seule puissance annoncée d’un site.
Le débat concerne aussi la France, où l’implantation de centres de données accompagne le développement des services cloud et de l’IA. La mobilisation européenne ne prouve toutefois pas qu’une manifestation identique se déroule sur le territoire français : les actions citées sont celles identifiées dans l’annonce de la campagne.
L’Agence internationale de l’énergie souligne que les délais de réalisation des réseaux électriques peuvent être nettement plus longs que ceux des nouveaux centres de données. Cet écart explique pourquoi l’examen des capacités de raccordement et des solutions de flexibilité devient déterminant avant l’autorisation de grands projets.
Les journées des 6 et 7 novembre doivent surtout rendre plus visible une question d’aménagement : comment développer les infrastructures numériques sans négliger leurs besoins matériels et les contraintes des territoires qui les accueillent ?
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Source: www.greenetvert.fr
