Le réchauffement des mers autour du Royaume-Uni pourrait modifier profondément les chaînes alimentaires marines d’ici le milieu du siècle. Une étude menée sur quatre ans par le Centre britannique pour l’environnement, la pêche et l’aquaculture (Cefas), présentée le 5 novembre, décrit un paradoxe : certaines catégories d’animaux deviendraient plus diversifiées alors que les organismes à la base de leur alimentation perdraient en diversité.
Selon les résultats rapportés par The Guardian, dans un scénario où le réchauffement planétaire atteindrait 3 °C en 2100, la diversité des poissons et des invertébrés des fonds marins pourrait progresser d’environ 12 % à l’horizon 2050. En revanche, celle du phytoplancton reculerait de 3 % et celle du zooplancton de 7 %. Ces valeurs sont des projections dépendantes d’un scénario climatique, et non des changements déjà observés.
Plus de prédateurs ne signifie pas un océan en meilleure santé
Le phytoplancton et le zooplancton occupent une place fondamentale dans les réseaux alimentaires marins. Le premier utilise la lumière pour produire de la matière organique ; le second constitue une ressource essentielle pour de nombreux poissons et autres organismes. Si la diversité de ces groupes se contracte tandis que celle des consommateurs augmente, la compétition pour certaines ressources pourrait s'intensifier.
Cette évolution rappelle qu'un indicateur isolé, comme le nombre d'espèces de poissons présentes dans une zone, ne suffit pas à juger de la santé d'un écosystème. L'arrivée ou l'expansion de certaines espèces sous l'effet du réchauffement peut coexister avec une fragilisation des interactions qui assurent le fonctionnement du milieu.
Les chercheurs ont combiné des observations de long terme et des méthodes de modélisation, notamment fondées sur l'apprentissage automatique, afin d'étudier les changements possibles jusqu'en 2100. La mer du Nord méridionale apparaît particulièrement exposée, dans une région de l'Atlantique nord-est qui se réchauffe rapidement.
Des implications pour la pêche et les aires marines protégées
Les conséquences potentielles concernent les politiques de conservation autant que les activités de pêche. Une modification des espèces disponibles et de leurs proies peut affecter la composition des captures, sans permettre à ce stade de prédire précisément les volumes pêchés ni les revenus des professionnels.
Les résultats ont été transmis à un examen gouvernemental britannique des aires marines protégées. Ils invitent à ne pas considérer les zones de protection comme des espaces écologiquement figés : les espèces et leurs interactions peuvent se déplacer avec les conditions climatiques.
Pour les autres pays riverains de la mer du Nord et de la Manche, dont la France, l'étude constitue un signal scientifique pertinent sur des écosystèmes partagés. Elle ne démontre toutefois pas que les mêmes pourcentages s'appliqueront aux eaux françaises. Les décisions de gestion nécessiteront des observations locales et un suivi des ressources alimentaires, au-delà du seul inventaire des espèces.
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Source: www.greenetvert.fr
