Plus d’un Européen sur deux préfère que l’Union européenne développe sa propre industrie des technologies propres, même si cette stratégie prend plus de temps que le déploiement de matériels importés. C’est l’un des résultats de la huitième enquête climat de la Banque européenne d’investissement (BEI), publiée le 5 novembre 2026.
Selon les résultats européens présentés par la BEI, 55 % des personnes interrogées privilégient la constitution d’une industrie européenne des technologies propres, contre 29 % qui préfèrent accélérer leur déploiement grâce à des équipements importés. Les réponses traduisent des préférences déclarées, pas des comportements d’achat ni une décision politique déjà prise.
Le prix de l'énergie pèse sur les choix
L'étude a été conduite par Ipsos auprès d'environ 23 000 personnes dans les 27 États membres. Six Européens sur dix déclarent que la hausse des prix de l'énergie a sensiblement réduit leur pouvoir d'achat au cours des douze derniers mois. Plus d'un tiers, 38 %, disent avoir diminué des dépenses quotidiennes liées à l'alimentation ou à la santé.
La transition énergétique est ainsi perçue au-delà de sa seule dimension climatique. Dans seize États membres, la réduction de la dépendance aux importations de pétrole et de gaz arrive en tête des bénéfices attendus. À l'échelle de l'Union, 76 % des répondants souhaitent qu'elle contribue à ralentir le changement climatique.
Les technologies privilégiées ne sont pas identiques dans tous les pays. À l'échelle européenne, 52 % des personnes interrogées citent le solaire parmi les sources d'énergie à privilégier, devant l'éolien, à 37 %. Ces pourcentages ne représentent pas des parts de marché ni des objectifs de production électrique.
En France, une place particulière pour le nucléaire
Les résultats français publiés le même jour montrent une configuration spécifique : 45 % des répondants français privilégient le solaire et 44 % le nucléaire, tandis que l’éolien recueille 19 %. En France, 85 % considèrent la transition énergétique comme urgente, contre 75 % dans l’ensemble de l’Union.
Le financement constitue une autre question importante. À l'échelle européenne, 59 % des répondants préfèrent que les pays de l'Union mettent en commun des ressources pour financer la transition. Cette préférence ne précise pas à elle seule quels instruments budgétaires seraient acceptés.
L'enquête révèle donc une attente simultanée : des énergies moins exposées aux importations, des prix plus supportables et des capacités industrielles européennes. Transformer ces attentes en installations, en emplois et en baisses de coûts dépendra des investissements et des politiques effectivement mis en œuvre.
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Source: www.greenetvert.fr
