Des collectifs opposés à l’expansion des grands centres de données préparent des mobilisations les vendredi 6 et samedi 7 novembre dans plusieurs pays européens. Selon les informations publiées le 5 novembre par The Guardian, plus de cent organisations réparties dans quinze pays participent à cette campagne baptisée « Stop Dirty Data Centres ».
Les actions annoncées concernent notamment Dublin, Varsovie, Amsterdam, le Danemark et l'est de Londres. Les organisateurs réclament un moratoire sur certains grands projets et veulent rendre plus visibles les arbitrages locaux autour de l'électricité, de l'eau, du foncier et des infrastructures.
Une demande d'électricité qui inquiète les territoires
Les centres de données hébergent les équipements nécessaires aux services numériques, au cloud et, de plus en plus, aux applications d'intelligence artificielle. Leur développement peut nécessiter de nouvelles capacités électriques et des raccordements au réseau. La question dépasse donc les seules émissions directes des bâtiments : elle touche également à la disponibilité de l'énergie et à la manière de financer les infrastructures.
Au Royaume-Uni, The Guardian rapporte que 315 projets de centres de données attendent un raccordement, représentant une demande théorique cumulée de 73 gigawatts. Ce chiffre correspond à des demandes de raccordement et ne signifie pas que cette puissance sera effectivement appelée simultanément. Il illustre néanmoins l'ampleur des projets soumis aux gestionnaires de réseaux.
Les opposants s'interrogent aussi sur les retombées locales. Les emplois annoncés pendant les travaux ne sont pas équivalents aux effectifs permanents d'exploitation. Les bénéfices économiques, les prélèvements d'eau et la consommation d'électricité varient fortement selon les sites et leurs technologies de refroidissement.
Un débat européen, sans moratoire décidé
Les associations mobilisées, parmi lesquelles figurent des organisations environnementales, défendent une limitation des implantations de grande taille. Cette demande constitue une revendication militante, et non une interdiction européenne déjà adoptée.
Les entreprises du secteur soulignent de leur côté les besoins croissants de stockage et de calcul numérique, les investissements associés et les possibilités d'améliorer l'efficacité énergétique des installations. Le débat porte ainsi autant sur l'utilité des services hébergés que sur le choix des lieux d'implantation et les conditions imposées aux nouveaux projets.
Pour les collectivités, les décisions concrètes se jouent dans les procédures d'urbanisme, les autorisations environnementales et les raccordements électriques. Les manifestations annoncées pour les 6 et 7 novembre cherchent précisément à peser sur ces choix avant que les infrastructures ne soient construites.
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Source: www.greenetvert.fr
