En Vaucluse, 38 000 résidences principales étaient classées F ou G selon les règles du diagnostic de performance énergétique (DPE) en vigueur en 2022, soit 15 % du parc. L’étude publiée le 4 novembre 2026 par l’Insee, réalisée avec la direction départementale des territoires, met en évidence une forte concentration de ces logements dans les secteurs du Ventoux et du Luberon, ainsi que des difficultés financières pour leurs occupants et propriétaires.
Table des matières
Le fioul et l’ancienneté du bâti pèsent sur les performances
Dans le département, 45 % des résidences principales chauffées au fioul étaient classées F ou G selon la méthode de 2022, contre 12 % des autres logements. La proportion atteint 26 % dans les constructions antérieures à 1975, mais seulement 3 % dans celles achevées après 2000. Le fioul équipe encore un logement sur dix dans le département, d’après les données exploitées par l’Insee.
Les disparités territoriales sont importantes : la communauté de communes Ventoux Sud atteint près de 30 % de passoires thermiques et le Pays d’Apt-Luberon 23,4 %, contre environ 10 % dans le Grand Avignon. Ces différences tiennent notamment à la combinaison du climat, du type de logement, de l’ancienneté du bâti et des modes de chauffage.
Des propriétaires et des locataires plus vulnérables
Les locataires du parc privé occupent 46 % des passoires thermiques étudiées, contre 29 % des logements mieux classés. Dans un logement classé F ou G sur cinq, la personne de référence du ménage a au moins 80 ans. Les propriétaires de ces logements disposent, en moyenne, de revenus inférieurs de 12 % à ceux des autres propriétaires.
Selon les critères examinés dans l’étude, 34 % des propriétaires de passoires thermiques sont éligibles au niveau d’aide MaPrimeRénov’ le plus élevé et 14 % au niveau immédiatement inférieur. Ces proportions décrivent une éligibilité théorique et non le nombre de rénovations effectivement engagées.
Le nouveau calcul du DPE change la lecture des chiffres
Les 15 % de passoires thermiques ne constituent pas une mesure du parc actuel. Les données portent sur 2022 et utilisent la méthode de calcul de cette période. Depuis le 1er janvier 2026, la prise en compte de l’électricité dans le DPE a changé. Appliquée par simulation au parc de 2022, cette nouvelle méthode ferait passer la proportion de logements F ou G en Vaucluse de 15,1 % à 11,6 %, sans que cela corresponde nécessairement à des travaux réalisés.
Cette distinction est essentielle pour orienter les politiques de rénovation : le reclassement statistique de certains logements ne règle pas les difficultés d’isolation, de confort thermique et de financement documentées dans les territoires les plus exposés.
Cet article Passoires thermiques en Vaucluse : le chauffage au fioul et les revenus modestes compliquent la rénovation est apparu en premier sur Green et Vert.
Source: www.greenetvert.fr
