Près de 90 millions de personnes déplacées de force vivent dans des pays fortement exposés aux aléas climatiques. Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a rappelé cette vulnérabilité le 6 novembre 2026, à l’approche de la COP31, qui s’ouvre en Turquie le 9 novembre.
Ce chiffre ne signifie pas que 90 millions de personnes ont fui à cause du climat. Il désigne des personnes déjà déplacées, notamment par les conflits et les persécutions, qui sont confrontées à des risques supplémentaires de sécheresse, d'inondation ou de chaleur extrême. C'est cette superposition des crises que souligne le compte rendu des nouvelles données du HCR.
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Des personnes déplacées exposées à une deuxième crise
Perdre son logement ou devoir quitter sa région signifie souvent dépendre d'abris temporaires, de réseaux d'approvisionnement fragiles et de services de santé déjà sous pression. Une sécheresse prolongée peut rendre l'accès à l'eau plus difficile. Une inondation peut endommager les routes, les abris et les installations sanitaires nécessaires aux familles déplacées.
Le HCR alerte notamment sur les conditions de retour. Au premier semestre 2026, plus des deux tiers des retours de réfugiés ont eu lieu dans des pays très exposés aux risques climatiques, selon les éléments présentés avant la conférence. Un retour n'efface donc pas nécessairement les vulnérabilités : la disponibilité de l'eau, la sécurité des habitations et la stabilité des moyens de subsistance restent déterminantes.
La Syrie illustre cette difficulté. Les personnes qui reviennent peuvent rencontrer une combinaison de pénuries d'eau, de pluies irrégulières et d'inondations. Ces risques ne suffisent pas à expliquer les déplacements provoqués par la guerre, mais ils peuvent compliquer une réinstallation durable.
Le financement de l'adaptation atteint difficilement les zones fragiles
Selon le HCR, environ 10 % des financements climatiques parviennent aux pays fragiles ou touchés par des conflits. Cette proportion souligne une difficulté structurelle : les territoires où les besoins de protection sont élevés disposent souvent de capacités administratives et financières limitées pour préparer des projets d'adaptation.
Les investissements utiles peuvent être très concrets : renforcer les réseaux d'eau, protéger les installations contre les crues, adapter les abris aux fortes chaleurs ou améliorer les systèmes d'alerte. Leur efficacité dépend des conditions locales et de la possibilité de les maintenir dans la durée.
Le risque pourrait encore s'aggraver dans certaines régions. Les projections évoquées par l'agence indiquent que, d'ici 2050, une chaleur dangereuse pourrait affecter un camp de réfugiés sur trois en Afrique subsaharienne pendant au moins cent jours par an. Il s'agit d'une projection, non d'une situation déjà observée dans l'ensemble des camps.
Un enjeu concret pour les négociations de la COP31
La COP31, organisée à Antalya du 9 au 20 novembre 2026, doit notamment aborder le financement climatique et l’adaptation. Pour les populations déplacées, l’enjeu est de savoir si les engagements financiers peuvent atteindre les communautés exposées aux catastrophes, y compris lorsque les institutions locales sont fragilisées.
Le rapport mondial du HCR rappelait déjà que les crises climatiques et les déplacements forcés se renforcent mutuellement. La nouvelle alerte met l’accent sur la nécessité de protéger des personnes qui ont parfois déjà perdu leur foyer et qui risquent de subir une nouvelle catastrophe sur leur lieu d’accueil ou de retour.
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Source: www.greenetvert.fr
