Les recherches sur les microplastiques continuent de mobiliser la communauté scientifique mondiale. Alors que ces particules plastiques sont détectées dans de nombreux produits du quotidien, une équipe du World Institute of Kimchi, en Corée du Sud, a identifié une bactérie issue du kimchi susceptible de favoriser leur élimination intestinale. Cette découverte ouvre une nouvelle piste dans la compréhension des interactions entre le microbiote intestinal, l’alimentation et les polluants environnementaux.
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Cet aliment attire l’attention des chercheurs
Les microplastiques et les nanoplastiques résultent de la dégradation progressive des matériaux plastiques. Selon les chercheurs, ces particules peuvent pénétrer dans l’organisme via l’alimentation ou l’eau potable. Les nanoplastiques, dont la taille est inférieure à 1 micromètre, inquiètent particulièrement les scientifiques car ils pourraient franchir la barrière intestinale et s’accumuler dans certains organes, notamment les reins ou le cerveau.
Face à cette problématique, le kimchi, un aliment traditionnel coréen élaboré à partir de légumes fermentés, fait l’objet d’un intérêt croissant. Riche en probiotiques, il contient notamment la bactérie Leuconostoc mesenteroides CBA3656. Selon les travaux publiés dans la revue scientifique Bioresource Technology, cette souche a démontré une capacité remarquable à se fixer aux nanoplastiques. En laboratoire, son efficacité d’adsorption a atteint 87 % dans des conditions standards. Plus important encore, dans un environnement simulant l’intestin humain, elle a conservé une efficacité de 57 %, alors qu’une souche de comparaison voyait son taux chuter à seulement 3 %. Selon Phys.org, publié le 21 mars 2026, ces résultats suggèrent que cette bactérie pourrait continuer à capturer les particules plastiques même dans des conditions proches de celles du système digestif humain.
Des résultats intéressants observés chez les animaux
Les chercheurs ont également mené des expériences sur des souris axéniques, c’est-à-dire dépourvues de microbiote intestinal. Les résultats observés ont retenu l’attention de la communauté scientifique. Chez les animaux ayant reçu la bactérie issue du kimchi, la quantité de nanoplastiques retrouvée dans les selles a plus que doublé par rapport au groupe témoin n’ayant reçu aucun probiotique. Selon les chercheurs du World Institute of Kimchi, cette observation laisse penser que la bactérie se lie aux particules plastiques dans l’intestin avant d’en favoriser l’évacuation naturelle.
Cette avancée reste toutefois préliminaire. Les scientifiques soulignent que les essais ont été réalisés en laboratoire et chez l’animal. Aucune démonstration clinique n’a encore permis de confirmer le même effet chez l’être humain. Dans une déclaration rapportée par Phys.org le 21 mars 2026, le chercheur principal Sehee Lee a affirmé : « La pollution plastique est de plus en plus reconnue non seulement comme un problème environnemental, mais aussi comme un enjeu de santé publique ». Il a également déclaré : «Nos résultats suggèrent que les micro-organismes issus des aliments fermentés traditionnels pourraient représenter une nouvelle approche biologique pour répondre à ce défi émergent. Nous continuerons à développer la valeur scientifique des ressources microbiennes du kimchi afin de contribuer aux solutions de santé publique et environnementales ». Ces travaux constituent une première preuve scientifique du potentiel de certaines bactéries alimentaires dans la gestion des polluants plastiques.
Microplastiques : le rôle grandissant des aliments fermentés dans la recherche
L’intérêt pour le kimchi s’inscrit dans un champ d’étude plus vaste consacré aux aliments fermentés. Depuis plusieurs années, les chercheurs examinent les effets des probiotiques sur le microbiote intestinal et sur divers mécanismes de protection de l’organisme. Selon Doctissimo, publié le 2 juin 2026, les scientifiques explorent désormais la possibilité que certaines bactéries alimentaires puissent limiter l’accumulation de polluants dans le système digestif.
Le kimchi n’est cependant pas présenté comme une solution miracle contre les microplastiques. Les auteurs de l’étude insistent sur la nécessité de mener des recherches complémentaires chez l’humain afin de déterminer l’ampleur réelle de cet effet. Les chercheurs estiment que des études intégrant le microbiote humain et des conditions de vie réelles seront indispensables avant toute recommandation nutritionnelle spécifique. En attendant, cette découverte renforce l’intérêt scientifique porté aux aliments fermentés et à leur potentiel dans la lutte contre les contaminants environnementaux. Les microplastiques demeurent un défi sanitaire majeur, mais cette piste issue d’un aliment traditionnel pourrait contribuer à mieux comprendre comment l’organisme peut s’en protéger naturellement.
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Source: www.greenetvert.fr
