Le Groupe de la Banque mondiale a comptabilisé 15 milliards de dollars de co-bénéfices climatiques liés à l’adaptation pour son exercice financier 2026. Ce montant représente 31 % des 48 milliards de dollars de co-bénéfices climatiques associés à ses propres financements, selon une fiche de bilan publiée le 28 octobre 2026. La publication précise aussi que, dans les pays relevant de l’Association internationale de développement (IDA), destinée aux pays à faible revenu, la part consacrée à l’adaptation atteint 51 % des co-bénéfices climatiques.
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15 milliards pour l’adaptation, sur 48 milliards de financements propres liés au climat
L’adaptation recouvre les investissements destinés à limiter les dommages des sécheresses, inondations, vagues de chaleur ou autres risques climatiques. Elle se distingue de l’atténuation, qui vise à réduire ou éviter les émissions de gaz à effet de serre. Les deux objectifs peuvent coexister au sein d’un même projet de développement.
Le chiffre de 15 milliards ne correspond pas à un fonds mondial d’adaptation nouvellement créé. Il mesure la composante climatique attribuée à l’adaptation dans les opérations financées par le groupe au cours de l’exercice considéré. Les co-bénéfices climatiques sont, selon la Banque mondiale, les parties d’investissements de développement qui contribuent également à la résilience ou à la réduction des émissions. Ils ne constituent pas nécessairement des dépenses exclusivement environnementales.
La différence est essentielle pour interpréter les annonces de financement : un engagement, un montant mobilisé auprès d’investisseurs et une somme effectivement décaissée ne décrivent pas la même étape. Le rapport annuel 2026 de la Banque mondiale présente d’ailleurs séparément les engagements de prêt et les décaissements de ses institutions BIRD et IDA.
Pourquoi le total de 96 milliards de dollars ne doit pas être confondu avec l’aide à l’adaptation
Le groupe affiche pour l’ensemble de ses activités 96 milliards de dollars de financements comportant des co-bénéfices climatiques, en hausse de 21 % par rapport à l’exercice 2025. Ce total additionne 48 milliards issus de ses propres financements et 48 milliards de capitaux privés mobilisés. La Banque mondiale attribue notamment la progression de cette mobilisation à ses branches tournées vers le secteur privé, l’IFC et la MIGA.
Le ratio de 31 % consacré à l’adaptation porte sur les co-bénéfices climatiques des financements propres du groupe : il ne faut donc pas l’appliquer automatiquement aux 96 milliards de dollars, qui comprennent aussi les fonds privés mobilisés. De même, la part de 51 % observée dans les pays IDA ne signifie pas que 51 % de tous les financements mondiaux du groupe vont à l’adaptation dans ces pays.
La distinction importe dans les négociations internationales : les pays les plus vulnérables demandent non seulement davantage de moyens, mais aussi des financements adaptés à leurs contraintes budgétaires et à leurs besoins de prévention. Les montants agrégés ne renseignent pas, à eux seuls, sur les conditions financières accordées à chaque bénéficiaire ni sur la répartition par pays.
Des objectifs de résilience à mesurer après les financements
La Banque mondiale estime que son portefeuille de projets en cours devrait contribuer à renforcer la résilience de 465 millions de personnes face aux risques climatiques, soit une projection supérieure de 45 % à celle de l’exercice précédent. Elle évoque également une contribution attendue à des réductions nettes d’émissions de 345 millions de tonnes d’équivalent CO₂ par an. Ces indicateurs décrivent des effets anticipés du portefeuille actif, et non des résultats déjà intégralement constatés.
Les résultats réels dépendront de la réalisation des infrastructures, de la mise en œuvre des programmes et de leur efficacité dans la durée. Un projet d’irrigation, de protection contre les crues ou de renforcement des réseaux peut afficher des bénéficiaires prévus sans que tous aient encore reçu une protection mesurable.
À l’approche de la COP31, prévue en novembre en Turquie, ces précisions alimentent le débat sur la qualité des financements climatiques autant que sur leur volume. Un autre rapport publié le 29 octobre par le Programme des Nations unies pour l’environnement estime que la restauration des écosystèmes nécessiterait une forte augmentation des moyens annuels d’ici 2030. Ses besoins de restauration et les co-bénéfices climatiques comptabilisés par la Banque mondiale relèvent toutefois de périmètres différents et ne peuvent être directement additionnés.
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Source: www.greenetvert.fr
