Des espaces peuvent contribuer à la protection de la biodiversité sans être classés en parcs nationaux ou en réserves naturelles. Pour mieux identifier et évaluer ces territoires, la présidence arménienne de la COP17 a lancé le 28 octobre 2026, avec la FAO, l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et le secrétariat de la Convention sur la diversité biologique, une plateforme de coopération baptisée Yerevan Global OECM Action Hub. L’initiative a été détaillée dans les informations publiées par la FAO.
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Reconnaître la conservation là où elle fonctionne déjà
Les OECM, ou « autres mesures de conservation efficaces par zone » (AMCEZ en français), désignent des espaces géographiquement délimités, situés hors des aires protégées, dont la gestion produit des bénéfices positifs et durables pour la biodiversité. Leur vocation n’est pas de considérer toute exploitation agricole, forestière ou maritime comme protectrice : les résultats de conservation doivent être établis, même lorsque la protection de la nature n’est pas l’objectif premier du gestionnaire.
Cette distinction compte pour l’objectif international dit « 30 × 30 », adopté en 2022 : conserver efficacement au moins 30 % des terres et des eaux intérieures, ainsi que 30 % des zones marines et côtières, d’ici 2030. Le cadre mondial permet de mobiliser les aires protégées classiques et ces autres espaces conservés, sous réserve de critères de gestion, de représentativité écologique, de connectivité et de gouvernance équitable.
Selon l’UICN, qui participe au dispositif, les pays ne disposent pas tous des mêmes méthodes pour identifier, évaluer et déclarer ces zones. Les divergences de pratiques rendent difficile une comparaison fiable des progrès. La nouvelle plateforme doit rapprocher les organismes techniques, les administrations, les chercheurs et les communautés concernées afin de rendre les évaluations plus cohérentes.
Agriculture, forêts et pêche : des activités concernées, sans reconnaissance automatique
La FAO veut notamment travailler sur les paysages et les espaces maritimes productifs. Une zone de pêche gérée de façon à préserver durablement des habitats, ou un territoire forestier dont la gestion conserve des espèces et des fonctions écologiques, pourrait être étudié au regard des critères internationaux. Cela ne signifie pas que ces activités deviennent automatiquement des mesures de conservation.
La FAO indique que près d’un tiers des Parties prévoient d’examiner la reconnaissance de territoires ruraux patrimoniaux, de zones agricoles ou d’espaces de pêche comme OECM potentielles. Il s’agit de projets recensés dans les stratégies nationales, non d’un tiers de territoires déjà reconnus. La plateforme prévoit de mettre en relation les besoins des pays avec des experts, de partager des cas pratiques et de renforcer les capacités nationales de suivi.
Aucun nouveau financement national n’a été garanti lors de son lancement, et le dispositif n’a pas vocation à imposer de nouvelles obligations. La présidence arménienne de la COP17 le présente comme un mécanisme d’échange de connaissances et d’assistance technique, ouvert aux partenaires intéressés.
Un enjeu concret pour les territoires français
En France, le concept d’AMCEZ fait déjà l’objet de travaux scientifiques et professionnels. Le Comité français de l’UICN publie notamment des recommandations pour une déclinaison nationale des « aires conservées ». Des gestionnaires ruraux, des collectivités et des acteurs de la protection de la nature cherchent à déterminer quels sites peuvent réellement répondre à ces critères.
La démarche peut compléter la stratégie française des aires protégées, mais elle ne doit pas être confondue avec un nouveau classement réglementaire. Une rencontre organisée en avril 2026 avec le Comité français de l’UICN soulignait déjà la nécessité d’examiner la conservation au-delà des espaces bénéficiant d’un statut de protection.
Le défi consiste à vérifier la persistance des bénéfices pour les espèces et les habitats, la qualité du suivi, ainsi que la participation des personnes qui vivent ou travaillent dans les territoires concernés. Augmenter les surfaces comptabilisées ne suffira pas si les résultats écologiques ne sont pas au rendez-vous. La valeur de la plateforme d’Erevan dépendra de sa capacité à aider les pays à produire des évaluations crédibles et comparables avant l’échéance de 2030.
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Source: www.greenetvert.fr
