Les résidus de médicaments ne proviennent pas uniquement des comprimés jetés dans un lavabo. Ils peuvent rejoindre les cours d’eau au fil de la fabrication, de l’utilisation humaine ou vétérinaire, de l’élevage et du traitement des eaux usées. Dans un rapport publié le 29 octobre 2026, le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) propose une méthode pour repérer les sources les plus problématiques et hiérarchiser les interventions.
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Des résidus documentés dans plus de 114 pays
Le PNUE rassemble les connaissances disponibles sur la présence de substances pharmaceutiques dans l’environnement. Des résidus ont été signalés dans plus de 114 pays, sur tous les continents. Dans la grande étude internationale de surveillance des rivières reprise par le rapport, plus de 40 % des points échantillonnés présentaient au moins une substance à une concentration susceptible de produire des effets écotoxicologiques ; 16 % comportaient des antimicrobiens à des niveaux potentiellement préoccupants pour la sélection de résistances.
Ces résultats portent sur des sites étudiés, et non sur 40 % des rivières de la planète. Ils ne signifient pas non plus que l’eau du robinet présente partout un danger sanitaire. Les risques dépendent des molécules, de leurs concentrations, de la durée d’exposition et des organismes concernés. Le document est une synthèse scientifique et opérationnelle, pas une nouvelle campagne de prélèvements réalisée simultanément dans les 114 pays.
Identifier les rejets avant de choisir les solutions
La principale proposition du rapport consiste à mener des analyses de « points chauds » : localiser les étapes du cycle de vie du médicament où les rejets sont les plus importants, puis décider où agir en priorité. Une usine pharmaceutique, un établissement de soins, une station d’épuration ou une zone d’élevage ne présentent pas les mêmes sources de pollution ni les mêmes moyens d’intervention.
Cette approche évite de présumer qu’une seule technologie de traitement résoudra le problème. Le PNUE préconise de croiser mesures environnementales, informations sur les usages et expertise locale. Lorsque les données sont incomplètes, une analyse ciblée peut guider une première intervention sans attendre une étude exhaustive de l’ensemble de la chaîne pharmaceutique.
Le rapport détaille six axes d’action : réglementation et responsabilités, formation, surveillance et évaluation des risques, chimie pharmaceutique plus durable, bon usage des traitements et gestion des déchets ainsi que des eaux usées. Les auteurs défendent une prévention à la source qui ne doit pas compromettre l’accès à des médicaments nécessaires.
Ce que cela change pour la gestion de l’eau en France
Pour les collectivités et les opérateurs de l’eau, cette méthode peut aider à déterminer quelles molécules et quels rejets méritent une surveillance renforcée. Elle s’inscrit dans un cadre européen déjà engagé : la directive révisée sur les eaux résiduaires urbaines, entrée en vigueur en janvier 2025, prévoit le traitement de micropolluants et un mécanisme de responsabilité élargie des producteurs pour financer les traitements concernés. Le rapport du PNUE ne crée pas à lui seul une obligation supplémentaire ni un calendrier français inédit.
La prévention concerne aussi les particuliers, mais sans leur faire porter seuls la responsabilité des rejets. En France, le ministère de la Transition écologique rappelle que les médicaments non utilisés doivent être rapportés en pharmacie, et non jetés à la poubelle ou dans les toilettes. Les emballages vides et notices sont à séparer pour rejoindre les filières de tri appropriées.
Cette collecte limite les éliminations inadaptées, mais elle ne supprime pas les résidus issus de l’utilisation normale des traitements, ensuite excrétés dans les eaux usées. C’est pourquoi le PNUE insiste sur la coordination entre professionnels de santé, fabricants, agriculteurs, gestionnaires d’assainissement et autorités publiques. L’objectif est de réduire les rejets là où les actions peuvent produire le plus d’effet, plutôt que de traiter toutes les sources comme si elles étaient équivalentes.
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Source: www.greenetvert.fr
