L’annonce s’est précisée au cours des dernières semaines. Le 4 juin 2026, TF1 Info relayait les explications de la journaliste météo Daniela Prepeliuc concernant le probable retour d’El Niño. Dans le même temps, Météo-France et l’Organisation météorologique mondiale évoquent des probabilités élevées de voir le phénomène s’installer dès l’été. Si El Niño demeure un mécanisme naturel du système climatique, son interaction avec le réchauffement climatique pourrait amplifier plusieurs tendances déjà observées à l’échelle mondiale.
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El Niño et réchauffement climatique : un phénomène naturel sous surveillance
El Niño correspond à un réchauffement anormal des eaux de surface du Pacifique équatorial. Habituellement, les alizés poussent les eaux chaudes vers l’ouest du bassin océanique. Toutefois, lorsque ces vents s’affaiblissent, la chaleur accumulée se déplace vers l’est du Pacifique et modifie les échanges entre l’océan et l’atmosphère. Selon Daniela Prepeliuc, journaliste météo sur TF1, « Mais actuellement, ces vents ont faibli. Ces eaux chaudes circulent donc jusqu'au Pacifique et vont réchauffer l'eau de surface du Pacifique. On est à plus de 2°C par rapport à la moyenne en ce moment ». Cette anomalie thermique constitue l’un des principaux signaux surveillés par les climatologues.
Par ailleurs, Météo-France rappelle dans son analyse publiée le 3 juin 2026 qu’El Niño « se produit avec une périodicité de 2 à 7 ans environ ». L’établissement public souligne également que le dernier épisode significatif a été observé entre l’été 2023 et le printemps 2024. L’indice Niño 3.4, utilisé comme référence internationale, est passé d’environ -1 °C à la fin de l’année 2025 à près de +1 °C en mai 2026, traduisant une nette évolution des conditions océaniques. De plus, les prévisions convergent désormais vers un développement rapide du phénomène. Selon l’Organisation météorologique mondiale, citée par Météo-France le 3 juin 2026, la probabilité d’apparition d’El Niño atteint 80 % entre juin et août 2026. Cette probabilité grimpe même à 90 % pour une persistance jusqu’à la fin de l’année.
Pourquoi El Niño pourrait amplifier les effets du réchauffement climatique
Les scientifiques insistent sur un point essentiel : El Niño ne provoque pas le réchauffement climatique. En revanche, lorsqu’il apparaît dans un monde déjà plus chaud qu’auparavant, il peut renforcer temporairement certaines conséquences observées à l’échelle planétaire. Daniela Prepeliuc résume cette interaction en déclarant : « Résultat : malheureusement, ce phénomène El Niño, qui est naturel, va amplifier notamment les effets du réchauffement climatique », selon TF1 Info le 4 juin 2026. Cette affirmation rejoint les analyses publiées par plusieurs organismes météorologiques internationaux.
Météo-France explique ainsi que « la survenue d’un événement El Nino marqué en 2026-2027, s’ajoutant à l’effet du changement climatique, augmenterait les probabilités d’observer en 2026 ou en 2027, une valeur de température moyenne planétaire proche ou supérieure au record de 2024 », dans son dossier publié le 3 juin 2026. L’année 2024 avait déjà franchi le seuil symbolique de +1,5 °C par rapport à la période préindustrielle 1850-1900.
Par conséquent, les océans pourraient jouer un rôle majeur dans les prochains mois. Les eaux plus chaudes libèrent davantage d’énergie dans l’atmosphère. Cette situation favorise souvent des épisodes de fortes pluies dans certaines régions et, à l’inverse, des sécheresses sévères dans d’autres zones du globe. Selon TF1 Info, l’Amérique du Sud pourrait connaître davantage d’inondations tandis que l’Australie serait exposée à un risque accru de sécheresses, de feux de forêt et de vagues de chaleur.
Dans une analyse publiée le 3 mars 2026, La Chaîne Météo indiquait également qu’«un éventuel retour d’El Niño pourrait amplifier temporairement la chaleur globale ». Les météorologues rappellent toutefois que l’ampleur exacte des effets dépendra de nombreux paramètres atmosphériques encore difficiles à prévoir plusieurs mois à l’avance.
El Niño pourrait-il influencer l’été 2026 en France et en Europe ?
L’impact direct d’El Niño sur l’Europe reste traditionnellement plus limité que dans les régions tropicales. Néanmoins, les spécialistes observent régulièrement des effets indirects sur les températures et certains régimes météorologiques. Selon Daniela Prepeliuc, « Ce phénomène météo a une répercussion sur l'ensemble de la planète. En Europe aussi, la température moyenne, et notamment en France, risque d'augmenter cet été puisque, malheureusement, selon l'Organisation mondiale de la météorologie, on a 80% de chances pour que ce phénomène météo nous impacte entre le mois de juin et le mois d'août en cette année 2026 », d’après TF1 Info.
Toutefois, Météo-France nuance cette perspective. Dans son analyse du 3 juin 2026, l’organisme souligne que « cet impact est généralement nettement plus faible que l’impact moyen lié au changement climatique ». Les experts estiment donc que les conséquences d’El Niño pourraient être moins visibles sur l’Hexagone que dans d’autres régions du monde. En revanche, plusieurs indicateurs suggèrent un contexte propice à des températures élevées. La Chaîne Météo rappelait le 3 mars 2026 que, lorsque le phénomène s’installe durablement, «les statistiques indiquent que l'été est chaud et orageux dans 80% des cas ». Cette tendance reste néanmoins probabiliste et ne constitue pas une prévision définitive pour la France.
Enfin, la question d’un éventuel « super El Niño » demeure ouverte. Selon Météo-France, certains modèles envisagent des anomalies océaniques supérieures à 2 °C dans le Pacifique équatorial, niveau généralement associé aux épisodes les plus puissants observés en 1997-1998 et 2015-2016. Toutefois, Lauriane Batté, climatologue à Météo-France, précise dans le dossier publié le 3 juin 2026 : « Certains modèles de prévision numérique à échéance saisonnière prévoient, dans leurs simulations du mois d’avril, une augmentation marquée de ces températures, susceptibles d’atteindre ou de dépasser le seuil de 2 °C en fin d’année. Mais il est trop tôt, compte tenu de l’incertitude de la prévision à cette période de l’année, pour affirmer que l’on dépassera ce seuil. »
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Source: www.greenetvert.fr
