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Une facture climatique estimée entre 10 et 15 milliards d'euros
La canicule qui frappe la France depuis plusieurs semaines pourrait coûter au pays entre 10 et 15 milliards d’euros. Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, a avancé ce chiffre mercredi 12 août lors d’une réunion de crise consacrée à la sécheresse. « On peut estimer, en tout cas c’est l’estimation de l’Insee et ce chiffre est à prendre avec beaucoup de précautions, un chiffre de l’ordre de 10 à 15 milliards d’euros de coûts directs et indirects de la canicule de cet été », a-t-elle déclaré en introduction de la rencontre au ministère.
Contacté par l'AFP, l'Institut national de la statistique et des études économiques a rapidement démenti être à l'origine de l'estimation. L'Insee précise ne pas disposer à ce stade de chiffrage des coûts directs et indirects de la canicule de l'été 2026. Interrogé sur sa méthodologie, le cabinet de la ministre admet que le montant annoncé n'est qu'une simple « estimation » calculée par les services du ministère, sans l'aide d'experts ou de macroéconomistes, à partir d'une « extrapolation des coûts des canicules précédentes », rapporte Le Monde.
Jusqu'à un demi-point de croissance en moins
Si l'on se fie aux chiffres avancés par Monique Barbut, la facture climatique représenterait entre 0,3 et 0,5 point du produit intérieur brut de la France. Un impact considérable sur la croissance du pays, dont la prévision de progression pour 2026 s’établit à 0,7 % selon les dernières projections macroéconomiques. Autrement dit, les événements climatiques de l’été pourraient amputer jusqu’à un demi-point de croissance à l’économie française.
Monique Barbut avait déjà tiré la sonnette d'alarme le 27 juillet dernier, estimant que la sécheresse « historique » à laquelle est confrontée la France se traduirait par des coûts supérieurs aux 5,6 milliards d’euros chiffrés pour celle de 2022. « La facture en 2026 est difficile à estimer car l’épisode n’est pas terminé, mais sans nul doute il sera bien supérieur à 2022 car la canicule a été plus longue et plus intense, l’étendue des feux de forêts et de la baisse de la production agricole bien plus importantes », a-t-elle prévenu lors de la réunion du 12 août.
Un épisode de sécheresse d'ampleur inédite
D'après la ministre, « l'été 2026 constitue déjà un épisode de référence » en matière de sécheresse. Les chiffres qu'elle a présentés illustrent l'ampleur du phénomène : fin juillet, la situation était équivalente à celle observée mi-août 2022, précédent record national. Début août, 65 % du territoire était marqué par une sécheresse se produisant en moyenne une année sur 25. Le reste du territoire connaissait une sécheresse quinquennale à décennale.
« Très peu de territoires sont aujourd'hui épargnés et la situation pèse déjà lourdement sur nos concitoyens, notre économie et notre écosystème », a insisté Monique Barbut. Les températures exceptionnelles enregistrées depuis la fin du printemps ont créé un contexte inédit par sa durée et son intensité, touchant désormais « la quasi-totalité du territoire », selon les termes de la ministre. Soixante-sept départements ont été placés en vigilance orange mercredi 12 août, un pic de chaleur menaçant notamment Paris.
Plus de 40 000 personnes privées d'eau au robinet
Au-delà de l'impact économique, la sécheresse provoque des conséquences concrètes et immédiates pour les populations. « La première de nos priorités demeure évidemment l'alimentation en eau potable qui est déjà sous tension dans plusieurs territoires, plus précisément aujourd'hui dans 50 départements français », a alerté la ministre de la Transition écologique.
Les chiffres communiqués révèlent une aggravation rapide de la situation. Alors que le gouvernement évoquait le 27 juillet « plus de 30 000 personnes sur 80 communes » touchées par des coupures d'eau au robinet, Monique Barbut a annoncé mercredi que « plus de 40 000 personnes » sont désormais concernées. Selon TF1 Info, la ministre a précisé : « Pour plus de 40 000 personnes, la sécheresse se traduit déjà par des coupures d’eau au robinet. »
La semaine précédant la réunion de crise, l'approvisionnement de plus de 550 000 habitants était considéré comme étant en tension, tandis que l'approvisionnement de près de 3 millions d'habitants était placé en vigilance. Les zones les plus préoccupantes se situent le long d'un axe allant de la Vendée à la région Grand Est, mais la sécheresse « s'étend désormais à la partie centrale du sud de la France », a indiqué Monique Barbut.
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Source: www.greenetvert.fr
