Le Portugal prépare un encadrement environnemental plus strict pour ses centres de données. Le gouvernement finalise un décret qui doit imposer l’utilisation d’électricité renouvelable et des conditions exigeantes pour le refroidissement des installations, a indiqué le 3 novembre 2026 la ministre de l’Environnement Maria da Graça Carvalho, selon Reuters.
Le projet intervient alors que le pays compte plus de 2,6 gigawatts de capacités de data centers en développement. Cette puissance représente des projets et non une consommation électrique permanente déjà constatée. Le gouvernement cherche à encadrer leur implantation avant que les besoins en eau et en électricité ne deviennent plus importants.
Éviter la concurrence avec les usages locaux de l'eau
Les centres de données produisent de la chaleur en continu et doivent maintenir leurs équipements informatiques à des températures compatibles avec leur fonctionnement. Selon la technologie choisie et les conditions climatiques, le refroidissement peut nécessiter de l'eau, de l'électricité ou une combinaison des deux.
Le futur dispositif portugais doit privilégier des systèmes qui n'utilisent pas d'eau douce, ou imposer aux exploitants de disposer de ressources alternatives ne concurrençant pas les besoins des ménages, des entreprises et des autres activités économiques. Des évaluations environnementales rigoureuses sont également prévues.
Ces orientations ne constituent pas encore une règle entrée en vigueur : le texte est en cours de finalisation. Les modalités d'application, les contrôles et les éventuelles dérogations devront être appréciés à la publication du décret.
Un campus géant à Sines comme illustration
Le projet Start Campus, dans la ville portuaire de Sines, prévoit à lui seul environ 1,2 GW de capacité. Un premier bâtiment sur les six envisagés a ouvert. L'exploitant indique utiliser de l'électricité renouvelable et de l'eau de mer pour le refroidissement, une solution liée notamment à la situation littorale du site.
Cette configuration ne peut pas être reproduite partout. Un centre de données situé loin du littoral doit évaluer d'autres options, avec leurs propres coûts, contraintes techniques et impacts. Le choix du système de refroidissement dépend aussi de la température locale, de la disponibilité des ressources et de la conception des bâtiments.
La ministre a également précisé que les exploitants pourraient acheter de l'électricité renouvelable auprès des fournisseurs, en s'appuyant sur les ressources solaires, éoliennes et hydrauliques portugaises. Cela ne signifie pas nécessairement que chaque centre sera alimenté en temps réel par une production renouvelable locale : les conditions exactes des achats et des obligations devront être définies par la réglementation.
Le dossier intéresse au-delà du Portugal. À mesure que les besoins informatiques augmentent en Europe, les collectivités doivent arbitrer entre attractivité économique, raccordements électriques, consommation d'eau et protection des milieux. L'annonce portugaise fournit un exemple de réglementation en préparation, sans préjuger de l'adoption de mesures identiques en France.
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Source: www.greenetvert.fr
