Alors que la France ambitionne d’électrifier ses usages énergétiques pour atteindre la neutralité carbone, la fiscalité actuelle semble aller à contre-courant : l’électricité est taxée 2,3 fois plus que le gaz. En 2026, la hausse du prix du gaz pourrait rapporter 200 millions d’euros supplémentaires à l’État, prolongeant la dépendance aux énergies fossiles.
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Le paradoxe français : l'État profite de la dépendance au gaz
Depuis janvier 2026, le prix du gaz européen (TTF) a bondi, passant de 30 à près de 80 euros le MWh mi-septembre, atteignant son plus haut niveau depuis début 2023. Pour les 6 millions de ménages dont la facture dépend du prix repère du gaz, une hausse moyenne de 10% est prévue par la Commission de régulation de l'énergie. Cependant, cette flambée profite aussi à l'État.
Selon Orange Actu, si les températures hivernales restent normales, l’État pourrait engranger 200 millions d’euros de recettes fiscales supplémentaires en 2026, principalement issues de la TVA qui est proportionnelle aux factures des ménages. Marin Gillot, expert en énergie, souligne que la fiscalité du gaz repose sur la TVA et l’accise, influencées par la consommation des ménages.
L'électricité taxée 2,3 fois plus que le gaz : une incohérence climatique
Depuis le 1er août 2026, l'accise sur l'électricité atteint 24,69 euros par MWh, contre 10,73 euros pour le gaz. Ce déséquilibre fiscal est paradoxal dans un pays qui prétend encourager la transition vers des énergies décarbonées. L'électricité, majoritairement produite par le nucléaire et les renouvelables, émet bien moins de CO2 que le gaz naturel importé.
Cette incohérence pénalise les ménages et entreprises qui optent pour des solutions électriques, comme les pompes à chaleur ou les véhicules électriques, tout en freinant les initiatives de transition écologique des entreprises. Pendant ce temps, Engie propose une aide exceptionnelle de 75 euros pour ses clients modestes, mais cette mesure reste insuffisante face à une fiscalité inadaptée.
Vers une réforme de la fiscalité énergétique ?
Pour rééquilibrer la fiscalité énergétique, plusieurs scénarios sont envisagés. Réduire l'accise sur l'électricité pour l'aligner sur celle du gaz pourrait envoyer un signal fort en faveur de l'électrification. Une autre option serait d'augmenter progressivement la taxe sur le gaz pour financer la transition, bien que cela soit politiquement délicat en période de pouvoir d'achat fragilisé.
Une refonte fiscale comporte des risques, mais aussi des opportunités. Aligner la fiscalité sur les objectifs climatiques renforcerait la crédibilité de la politique énergétique française et accélérerait l'électrification des usages, tout en réduisant la dépendance au gaz importé. En attendant, l'État continue de tirer profit d'une énergie fossile qu'il prétend vouloir abandonner, soulignant le fossé entre les discours climatiques et la réalité fiscale.
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Source: www.greenetvert.fr
