Le marché des éco-recharges poursuit sa progression. Selon une étude Worldpanel 2025 relayée par RMC Conso le 15 juin 2026, un million de consommateurs supplémentaires ont adopté ce format en 2025 par rapport à l’année précédente. Lessives, gels douche, savons liquides ou encore adoucissants sont désormais proposés sous forme de recharge par la plupart des grandes marques d’hygiène et de beauté. Toutefois, alors que ces produits sont censés réduire les dépenses et limiter les déchets plastiques, la réalité observée en magasin apparaît souvent plus contrastée.
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Des éco-recharges parfois plus chères que les produits d’origine
Malgré leur développement rapide, les éco-recharges continuent d’afficher des incohérences tarifaires. Une enquête menée par RMC Conso dans une grande enseigne de distribution révèle plusieurs cas où le format recharge coûte davantage que le produit initial. Le média cite notamment un gel douche Cadum vendu 8,52 euros le litre dans son flacon classique, contre 9,06 euros le litre en recharge. Même constat pour un savon liquide Carrefour, proposé à 2,18 euros le litre dans son emballage d’origine mais à 2,78 euros le litre en recharge. Chez Sanex, le gel douche atteint 11,09 euros le litre en recharge contre 8,56 euros pour la bouteille traditionnelle.
Ces écarts de prix ne sont pas les seules difficultés rencontrées par les consommateurs. L’indisponibilité fréquente de certains formats complique également les comparaisons. Selon l’enquête de RMC Conso, il n’est pas rare que la recharge ou le produit d’origine soit absent des rayons, empêchant toute évaluation directe du rapport qualité-prix. La comparaison est parfois rendue encore plus complexe par des différences de concentration entre les produits. Interrogée par RMC Conso, la marque Soupline affirme qu’il est « plus juste de comparer le nombre de lavages que le prix au litre », certaines formules étant plus concentrées que d’autres. Un argument qui soulève toutefois des interrogations, les consommateurs ne disposant pas toujours des informations nécessaires pour vérifier précisément ces différences.
Les distributeurs influencent fortement le coût des éco-recharges
Pour les industriels, les écarts de prix observés en rayon ne relèvent pas uniquement de leur responsabilité. Soupline rappelle ainsi àRMC Conso que «le distributeur est libre de fixer les prix de vente au consommateur ». Cette liberté tarifaire explique pourquoi une recharge peut être plus avantageuse dans un magasin et moins intéressante dans un autre, parfois au sein d’une même enseigne. Les stratégies commerciales jouent un rôle majeur. Les distributeurs privilégient souvent les produits les plus populaires lorsqu’ils mettent en place des promotions. Or, les flacons traditionnels continuent aujourd’hui de représenter l’essentiel des ventes. Ils bénéficient donc plus fréquemment de remises ou de réductions temporaires, devenant parfois moins chers que leur équivalent rechargeable.
Cette situation préoccupe également certaines marques engagées dans le développement des éco-recharges. Emilie Chauvin, cheffe de produit au sein du groupe Briochin pour Marcel’s Green Soap, explique à RMC Conso que «la cohérence du prix est indispensable pour que l’éco-recharge se développe ». Selon elle, les prix marketing recommandés par la marque sont en moyenne 33 % inférieurs à ceux des produits originaux. Toutefois, les fabricants ne contrôlent pas les tarifs effectivement appliqués en magasin.
Certaines entreprises choisissent alors de limiter les intermédiaires. Yves Rocher indique ainsi garantir un avantage prix compris entre 25 et 30 % sur ses recharges par rapport aux flacons classiques. Cette politique implique néanmoins une réduction volontaire des marges afin de maintenir l’attractivité économique du dispositif.
Pourquoi les éco-recharges ne sont-elles pas toujours moins chères ?
À première vue, une éco-recharge semble nécessiter moins de matière première qu’un flacon rigide classique. Pourtant, plusieurs acteurs du secteur affirment que son coût de production peut être supérieur. Alexandra Ferré, directrice RSE d’Yves Rocher, explique à RMC Conso que le développement des recharges nécessite d’importants investissements en recherche et développement ainsi que des adaptations techniques spécifiques. Les volumes de vente demeurant encore relativement limités, les fabricants ne bénéficient pas toujours des économies d’échelle qui permettraient de réduire les coûts unitaires. Au-delà de la question financière, les éco-recharges répondent également à des objectifs réglementaires. La loi AGEC fixe notamment un objectif de 10 % d’emballages réemployés d’ici 2027. Chez Yves Rocher, l’ambition est de réduire de 30 % l’utilisation du plastique d’ici 2030 par rapport à 2019. Selon la directrice RSE du groupe, la marque a déjà atteint une baisse de 18 %.
L’argument écologique reste en effet le principal atout des éco-recharges. Selon les données communiquées à RMC Conso, elles permettent de réduire de 60 à 80 % l’utilisation de plastique par rapport aux bouteilles rigides. Un exemple cité par le média illustre cette différence : un bidon classique nécessite environ 30 grammes de plastique pour 300 millilitres de produit, contre seulement 10 grammes pour 600 millilitres dans une recharge.
Cette réduction de matière contribue à diminuer la production de déchets plastiques, mais aussi les émissions liées au transport et à la fabrication. Toutefois, les éco-recharges restent des emballages plastiques. C’est pourquoi d’autres solutions émergent progressivement, comme les cosmétiques solides, les produits à diluer ou encore les dispositifs de vrac proposés par certaines marques de pharmacie et de cosmétique.
Si ces alternatives offrent un potentiel environnemental encore plus important, elles se heurtent aujourd’hui à d’autres contraintes logistiques et sanitaires. Le défi consiste désormais à convaincre davantage de consommateurs tout en maintenant des prix compétitifs. Car pour que les éco-recharges deviennent un réflexe durable, leur avantage écologique devra s’accompagner d’un bénéfice économique clairement perceptible.
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Source: www.greenetvert.fr
