« La flexibilité énergétique ouvre de nouvelles perspectives pour l’immobilier »
Le dispositif repose sur un pilotage intelligent des équipements techniques des bâtiments afin d'adapter ponctuellement leur consommation aux besoins du réseau électrique. Une démarche qui vise à concilier performance énergétique, résilience du système électrique et création de valeur. Anne-Claire Barberi, Directrice RSE & Innovation du groupe, répond à nos questions sur les ambitions du projet.
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Ce partenariat ouvre une nouvelle source de revenus pour les immeubles. Est-ce que vous considérez la flexibilité énergétique comme un futur standard de gestion des actifs immobiliers, au même titre que l'efficacité énergétique ou la certification environnementale ?
Ce partenariat illustre l’émergence de nouveaux modèles de gestion des actifs immobiliers. Depuis plusieurs années, le secteur s’est concentré sur l’amélioration de l’efficacité énergétique des bâtiments afin de réduire leur consommation et leur empreinte environnementale. Laflexibilité énergétique s’inscrit dans une logique complémentaire : il ne s’agit pas de consommer moins, mais de consommer mieux, en adaptant temporairement certains usages énergétiques aux besoins du réseau électrique.
Cette approche ne peut toutefois être pleinement efficace que si elle s'inscrit dans une démarche globale. La performance énergétique d'un immeuble repose en effet sur la qualité de ses équipements et sur les comportements responsables de ses occupants. La flexibilité énergétique vient ainsi compléter les schémas de consommation des locataires responsable et sobre, sans s'y substituer.
Nous ne considérons pas aujourd'hui la flexibilité énergétique comme un standard de certification, au même titre par exemple qu'un label environnemental. En revanche, elle constitue unlevier opérationnel intéressant pour valoriser différemment les immeubles, et renforcer leur contribution à la transition énergétique.
L'un des enseignements de cette démarche est qu'une performance énergétique efficiente et adaptative peut désormais générer des revenus financiers à court terme. Cela ouvre de nouvelles perspectives pour les propriétaires et les occupants, tout en participant à l'équilibre du système électrique. C'est cette capacité à concilier enjeux environnementaux et création de valeur qui nous paraît particulièrement intéressante pour l’avenir de l’immobilier.

Anne-Claire Barberi
Vous insistez sur l'absence d'impact pour les occupants. Comment avez-vous concilié les impératifs de confort des locataires avec les besoins du réseau électrique, et quels premiers retours avez-vous des sites déjà opérationnels ?
Le confort des occupants et la continuité d'activité des locataires ont constitué un prérequis non négociable dès le lancement du projet. Avec Orus Energy, nous avons donc veillé à ce que les mécanismes de flexibilité soient pilotés de manière fine, en s’appuyant sur les équipements techniques des bâtiments et sur des paramètres garantissant le maintien des conditions d’usage habituelles.
L'objectif n'est pas de demander aux occupants de modifier leurs comportements ou d'accepter une dégradation de leur confort, mais d'utiliser intelligemment les marges de manœuvre existantes au sein des installations techniques. Les premiers déploiements le confirment : il est possible de contribuer à la stabilité du réseau électrique sans impact négatif pour les utilisateurs.
Au-delà de cette neutralité en termes d'usage, le dispositif présente un bénéfice économique. Les revenus complémentaires générés par la participation des bâtiments aux mécanismes de flexibilité peuvent être reversés aux locataires, contribuant ainsi à réduire leurs charges énergétiques.
Vous démarrez avec un portefeuille de 25 immeubles. Quels seront les critères qui vous permettront de décider d'un déploiement à plus grande échelle d'ici fin 2026 ou début 2027, et quel potentiel voyez-vous à terme pour l'ensemble du patrimoine géré par PERIAL AM ?
Cette première phase sur 25 immeubles a pour objectif de valider plusieurs critères clés avant d'envisager un déploiement plus large. Nous regarderons la facilité d'installation de la solution et sa capacité à s'intégrer efficacement aux systèmes de gestion technique des bâtiments (GTB) déjà en place. C'est un facteur déterminant pour garantir un déploiement rapide et maîtrisé.
Nous serons également particulièrement attentifs au maintien des conditions d'usage pour les locataires. La réussite du projet repose sur notre capacité à démontrer qu'il est possible de mobiliser la flexibilité énergétique sans impacter le confort ou l’activité des occupants.
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Enfin, l'évaluation portera également sur la performance économique du dispositif. Nous analyserons si les revenus complémentaires générés sont conformes aux hypothèses définies au lancement du partenariat. Si ces différents critères sont réunis, nous pourrons envisager une extension progressive à un nombre plus important d’actifs.
Le potentiel est réel, car une part importante du patrimoine géré dispose déjà d'équipements techniques susceptibles de participer à ces mécanismes de flexibilité. L'ambition est donc d'évaluer, à partir de cette première expérimentation, comment cette nouvelle source de création de valeur pourrait être déployée à plus grande échelle au bénéfice des immeubles, de leurs occupants et de la transition énergétique.
Source: www.linfodurable.fr
