Le 21 octobre 2026, les élus du Gers ont adressé un message clair à Emmanuel Macron : soutenir la candidature de Golfech pour deux réacteurs EPR 2. Derrière cette mobilisation transpartisane, une question fondamentale : comment les territoires français arbitrent-ils entre création d’emplois et transition énergétique vers la décarbonation ?
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Golfech dans la stratégie française de décarbonation
Pourquoi les élus du Gers mobilisent pour deux EPR 2
Les députés Jean-René Cazeneuve (Renaissance) et David Taupiac (LIOT), les sénateurs Alain Duffourg (UDI) et Carole Rolando (PS), ainsi que Philippe Dupouy, président socialiste du Conseil départemental du Gers, ont signé un courrier commun. Leur objectif : convaincre l'Élysée de retenir Golfech parmi les quatre sites qui accueilleront les nouveaux réacteurs nucléaires de deuxième génération. Selon La Dépêche, les signataires affirment : «Au-delà de nos sensibilités politiques et de nos responsabilités respectives, nous partageons une même conviction. Il est rare qu'un projet de cette ampleur suscite un tel alignement. »
Six sites candidats se disputent quatre places maximum. Golfech, exploité depuis plus de trente ans en Tarn-et-Garonne, présente un atout majeur : le site a été conçu initialement pour accueillir quatre tranches. La centrale actuelle en compte deux. L'implantation de deux EPR 2 supplémentaires s'inscrirait donc dans une continuité technique et territoriale. Le Gers, département voisin, mise sur les retombées économiques massives : 8 000 emplois mobilisés en moyenne pendant vingt ans de construction, avec un pic à 12 000 postes au plus fort du chantier, puis 1 500 emplois permanents une fois les réacteurs en fonctionnement.
Le nucléaire comme réponse aux enjeux climatiques : le positionnement des territoires
La France a placé le nucléaire au cœur de sa stratégie de décarbonation. Les EPR 2, successeurs des réacteurs actuels, visent à produire une électricité bas-carbone pour accompagner la sortie des énergies fossiles. Pour les territoires ruraux comme le Gers ou la Lomagne, rapporte 20 Minutes, l’enjeu dépasse le simple débat énergétique : il s'agit de maintenir les services publics, les écoles, et d'attirer de nouvelles populations dans des zones confrontées à la déprise démographique.
La mobilisation gersoise révèle un arbitrage territorial : accepter une installation nucléaire en échange d'un développement économique durable. Contrairement aux critiques parfois formulées sur les impacts environnementaux locaux, notamment la consommation d'eau des centrales, les élus signataires insistent sur la compatibilité entre nucléaire et transition écologique. Leur argumentaire repose sur la nécessité de décarboner massivement la production électrique française tout en revitalisant des espaces ruraux fragilisés.
76 collectivités mobilisées : un consensus territorial sur la transition
La candidature de Golfech fédère trois départements et deux régions. À ce jour, 76 collectivités et institutions ont délibéré en faveur du projet. La communauté de communes des Deux Rives porte officiellement la candidature. Un tel consensus territorial reste exceptionnel en France, où les projets d'infrastructure énergétique suscitent souvent des oppositions locales.
Pour les collectivités, l'équation est simple : les EPR 2 garantissent une production électrique décarbonée tout en générant des retombées économiques immédiates. Les 8 000 emplois moyens sur vingt ans représentent une manne pour les entreprises locales, les formations professionnelles et les services publics. Comme pour la mobilité électrique, la transition énergétique impose des choix d’infrastructures lourdes. Les territoires qui accueilleront ces réacteurs bénéficieront d'un avantage compétitif dans la France décarbonée de 2050.
L'héritage de 30 ans d'exploitation : continuité ou rupture ?
Golfech exploite deux réacteurs depuis plus de trente ans. Les élus insistent sur la continuité : le site dispose des infrastructures nécessaires, des compétences locales et d'une acceptabilité sociale déjà établie. Ajouter deux EPR 2 prolongerait cette dynamique sans rupture brutale pour le territoire. Le maire de Valence-d'Agen résume : « On a fait tout ce qu'on pouvait. On est dans la short list, l'objectif, c'est d'être dans les quatre sites qui seront retenus. »
Pourtant, la question reste ouverte : cette continuité suffit-elle face aux enjeux environnementaux contemporains ? L'eau, ressource critique pour les infrastructures, pourrait devenir un facteur limitant à long terme. Les EPR 2 consomment d’importantes quantités d’eau pour leur refroidissement. Dans un contexte de réchauffement climatique et de tensions hydriques croissantes, la question de la disponibilité de la ressource se pose, même si les élus n’en font pas un argument central.
Avant fin 2026 : les arbitrages de la transition énergétique française
Le Conseil de politique nucléaire doit trancher avant fin 2026. Quatre sites maximum seront retenus parmi les six candidats. Golfech affronte une concurrence nationale. Chaque territoire met en avant ses atouts : infrastructures existantes, acceptabilité locale, retombées économiques. Les arbitrages présidentiels pèseront lourd : ils détermineront quels territoires bénéficieront des investissements massifs liés aux EPR 2, et lesquels resteront à l'écart de cette dynamique.
Pour le Gers, l'enjeu dépasse le seul Golfech. Un refus signifierait la perte d'une opportunité rare de revitalisation rurale. Une acceptation transformerait durablement l'économie locale, avec des effets en cascade sur l'emploi, la formation et l'attractivité démographique. Les élus ont placé toutes leurs cartes sur la table. Reste à savoir si Emmanuel Macron validera leur pari sur le nucléaire comme levier de transition écologique et de développement territorial.
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Source: www.greenetvert.fr
