En septembre 2026, alors que les entreprises françaises affichent des ambitions climatiques inédites, les chiffres révèlent une réalité décevante : 11 % d’entre elles sont en retard sur leurs objectifs de neutralité carbone, 50 % constatent une augmentation de leurs émissions malgré le recours à l’IA, et seules 15 % mesurent réellement leur impact environnemental global. Ainsi, l’adaptation climatique promise semble se réduire à un exercice de communication, où les engagements annoncés masquent une incapacité structurelle à les concrétiser.
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Retards multipliés par 10 sur la neutralité carbone en septembre 2026
Le rapport du 16 septembre 2026 par le Capgemini Research Institute révèle que, en un an, le nombre d’entreprises en retard sur leurs objectifs de neutralité carbone a été multiplié par dix. Ce basculement met en lumière la fragilité des stratégies annoncées en 2025, fondées sur des hypothèses incertaines et une sous-évaluation des risques climatiques. « Les perturbations liées au changement climatique sont devenues notre quotidien, mais un écart important persiste entre la prise de conscience des risques par les dirigeants et la mise en œuvre des actions nécessaires« , souligne Cyril Garcia de Capgemini.
La sécheresse de l'été 2026, qui a lourdement frappé l'agriculture française, a mis en évidence la vulnérabilité des chaînes de valeur. Face à cette urgence, les objectifs à long terme sont relégués au second plan.
Scope 3 : l'abandon de la mesure des émissions indirectes
Le périmètre Scope 3, englobant les émissions indirectes, a connu une chute dramatique : en 2025, 54 % des entreprises déclaraient mesurer ces émissions, chiffre tombé à 34 % un an plus tard. Cette baisse de 20 points reflète un abandon de la transparence, les entreprises réalisant que mesurer leur impact exige des ressources importantes et une remise en question de leurs modèles.
Seules 15 % des organisations ont quantifié l'impact financier des perturbations climatiques, rendant difficile la gestion efficace de la transition. Le Scope 3 devient ainsi synonyme d'opacité : en évitant sa mesure, les entreprises esquivent la confrontation entre ambitions et réalité des émissions.
L'IA, solution illusoire ? 50 % des entreprises françaises voient leurs émissions augmenter
Alors que 64 % des entreprises utilisent l'IA pour leurs stratégies de durabilité, 50 % admettent une hausse des émissions depuis l'adoption de ces technologies. L’IA, censée être un levier de transition, entraîne une consommation énergétique élevée, exacerbée par les centres de données et l’infrastructure cloud.
Seulement un tiers des entreprises mesurent la consommation énergétique et l'empreinte carbone de leurs outils d'IA, les autres naviguant à l'aveugle, incapables de distinguer gains réels et effets rebond. Sans mesure rigoureuse, l'IA risque d'accélérer les émissions au lieu de les réduire.
Vers une régulation pour la transparence climatique ?
Face à l'écart entre ambitions et actions, la régulation devient une question cruciale. Doit-on imposer la mesure obligatoire du Scope 3 ou contraindre les entreprises à publier l'impact de leurs déploiements d'IA ?Les données de septembre 2026 plaident pour plus de transparence, alors que 68 % des dirigeants priorisent l'adaptation climatique, une hausse de 12 points en un an. Cependant, cette prise de conscience ne se traduit pas encore par des changements structurels.
Le secteur agricole montre un exemple concret avec 221 unités de méthanisation financées par le Crédit Agricole dans le Grand Est. "Notre priorité est que personne ne reste au bord de la route« , affirme Jean-Rémi Bertheleu du Crédit Agricole des Côtes-d’Armor. Reste à savoir si d’autres secteurs pourront transformer leurs promesses en actes avant que l’écart ne devienne irréparable.
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Source: www.greenetvert.fr
