Des parquets déposés lors d’une rénovation peuvent encore servir pendant des années. Pourtant, leur démontage et leur stockage sont souvent plus compliqués que leur évacuation. En Île-de-France, l’association Pointcarré tente de changer cette pratique avec une activité baptisée Parquet Circulaire, dont l’ADEME a présenté le fonctionnement le 2 novembre 2026.
L’idée repose sur une chaîne complète : organiser la dépose soignée, nettoyer et préparer les éléments récupérés, puis les remettre sur le marché. Le projet vise ainsi un matériau du bâtiment qui conserve une valeur d’usage, mais qui finit souvent parmi les déchets faute de filière adaptée.
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La dépose, étape décisive pour éviter de jeter le bois
Pour être réutilisé, un parquet ne peut pas être retiré n’importe comment. Les lames doivent être préservées autant que possible, puis triées et préparées. Cette opération demande du temps, une organisation de chantier et des compétences spécifiques.
Dans l’entretien publié par l’ADEME, Elie Prévéral, codirecteur de Pointcarré, explique que des milliers de mètres carrés de parquet sont déposés chaque année au fil des rénovations, des démolitions ou des dégâts des eaux en région parisienne. Cette indication décrit un gisement potentiel ; elle ne signifie pas que l’association récupère déjà de telles quantités.
La difficulté est également économique. La destruction reste souvent plus simple à organiser, tandis qu’une dépose soigneuse nécessite des personnes formées et des lieux pour entreposer le matériau avant sa nouvelle utilisation. Le bois récupéré peut porter les traces de son ancienne vie, mais ces caractéristiques ne l’empêchent pas systématiquement de trouver un nouvel usage.
Une activité de réemploi associée à l’insertion
Pointcarré disposait déjà d’une expérience dans la transformation de papiers et de bâches récupérés en objets du quotidien. Avec Parquet Circulaire, l’association étend son savoir-faire à un matériau plus volumineux, utilisé par les entreprises du bâtiment.
L’activité repose sur des salariés en insertion, encadrés notamment par une menuisière et un parqueteur expérimenté. Selon les informations recueillies par l’ADEME, les premiers chantiers ont débuté depuis quelques semaines et suscitent l’intérêt de professionnels souhaitant faire démonter des sols ou rechercher du parquet de seconde main.
Le projet a bénéficié de l’appui de l’ADEME Île-de-France et de la direction régionale chargée notamment de l’emploi et de l'insertion, la DRIEETS. Cette dernière a soutenu la création de cinq postes en insertion, selon les déclarations du responsable interrogé.
Le stockage, prochain obstacle à surmonter
Le modèle doit maintenant résoudre une difficulté très concrète : où entreposer les matériaux entre leur dépose et leur revente ? Pointcarré indique avoir besoin de davantage d’espace pour stocker et manipuler les lots. Éloigner les stocks de la région parisienne pourrait augmenter les transports et compliquer la relation avec les chantiers et acheteurs locaux.
La démarche s'inscrit dans une politique plus large de réduction des déchets du bâtiment. Le ministère de la Transition écologique rappelle que le diagnostic produits, équipements, matériaux et déchets, exigé pour certaines démolitions et rénovations significatives, vise précisément à identifier les possibilités de réemploi avant les travaux.
Pour les particuliers et professionnels, l’ADEME recommande également de diriger les matériaux en bois encore utilisables vers une structure de réemploi, tout en adaptant le traitement à leur état et à d’éventuelles substances dangereuses.
Parquet Circulaire prévoit une présentation publique le 3 décembre à Saint-Denis. L’événement permettra de montrer comment l’association compte faire circuler ce bois entre les chantiers de dépose et ceux qui souhaitent lui donner une seconde vie.
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Source: www.greenetvert.fr
