La conférence des Nations unies sur la biodiversité s’est achevée le 31 octobre 2026 à Erevan, en Arménie, après des négociations prolongées. Les États parties ont adopté près de 50 décisions et une réponse commune au premier bilan mondial des engagements pris en 2022. Baptisée « voie d’Erevan » (Yerevan Pathway), cette orientation doit guider les actions nationales jusqu’en 2030, selon le communiqué du secrétariat de la Convention sur la diversité biologique.
Le constat à l’origine de ces décisions reste préoccupant : le monde n’est pas sur la trajectoire permettant d’atteindre les 23 cibles du cadre mondial de Kunming-Montréal à l’échéance de 2030. La conférence a donc davantage porté sur les moyens d’appliquer les engagements existants que sur la création de nouveaux objectifs chiffrés.
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Des priorités pour les budgets publics et le suivi des résultats
La voie d’Erevan invite les gouvernements à accélérer la réduction des subventions et incitations dommageables à la nature, à mieux intégrer la biodiversité dans les budgets et les décisions économiques, et à renforcer les mécanismes de suivi et de compte rendu. Elle insiste également sur l’appui scientifique, technique et financier aux pays en développement.
Pour la France, ces orientations concernent notamment la manière dont les politiques agricoles, les infrastructures et les dépenses publiques tiennent compte de la protection des écosystèmes. Elles ne créent toutefois pas, par leur seule adoption à Erevan, une nouvelle taxe française ou une obligation immédiatement applicable aux entreprises. Leur traduction dépendra des choix budgétaires, réglementaires et administratifs effectués ensuite.
La conférence a aussi adopté des décisions sur les aires protégées, les forêts, les espèces exotiques envahissantes, les milieux marins et côtiers ainsi que la gestion durable de la faune. La portée de chacune dépendra de son texte et des modalités nationales de mise en œuvre.
Un progrès institutionnel pour les peuples autochtones
Parmi les résultats identifiés par le secrétariat de la Convention figure l’adoption des règles de fonctionnement d’un nouvel organe permanent consacré à l’article 8(j), qui traite des connaissances et de la participation des peuples autochtones et des communautés locales. Ces règles, appelées lignes directrices de Sevan, visent à renforcer leur place dans l’élaboration des politiques mondiales de biodiversité.
Le ministère allemand de l’Environnement souligne que les discussions ont aussi porté sur la reconnaissance des territoires et des savoirs traditionnels. Il distingue ce progrès institutionnel des difficultés persistantes sur le partage des bénéfices tirés de l’utilisation des informations génétiques numériques.
Près de 2 milliards de dollars annoncés, des désaccords toujours ouverts
Le secrétariat de la Convention recense près de 2 milliards de dollars de nouvelles annonces de financement associées à la conférence. Il cite notamment 560 millions de dollars dans le cadre de la reconstitution du Fonds pour l’environnement mondial et de son fonds pour la biodiversité, 500 millions de dollars liés à la Species Recovery Alliance et plus de 330 millions de dollars à travers le Value Nature Fund, destiné à mobiliser des capitaux privés.
Ces annonces regroupent des instruments et des engagements de nature différente : elles ne signifient pas que deux milliards de dollars ont déjà été versés aux projets de terrain. La question du mécanisme financier de long terme reste ouverte. Selon le ministère allemand, les négociateurs ont convenu de poursuivre les travaux en vue de décisions supplémentaires lors de la COP18.
Le dossier du fonds de Cali, destiné au partage des avantages issus des données de séquences génétiques, n’a pas non plus été entièrement résolu. Des points techniques ont été reportés à la prochaine conférence, même si une phase d’essai doit permettre l’émission de certificats de contribution. L’AFP rapporte par ailleurs les réserves exprimées par plusieurs participants sur l’ambition réelle du compromis final.
La prochaine étape est fixée à 2028
La COP18 doit se tenir en Équateur en 2028, deux ans avant la date butoir des engagements mondiaux. D’ici là, l’enjeu sera de vérifier si les gouvernements modifient effectivement leurs dépenses, leurs politiques sectorielles et leurs dispositifs de suivi. Le premier bilan mondial de la biodiversité fournit un point de comparaison, mais la réussite de la voie d’Erevan se mesurera à des changements observables dans les écosystèmes, et non au seul nombre de décisions adoptées.
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Source: www.greenetvert.fr
