Le groupe Banque européenne d’investissement (BEI) a présenté le 22 octobre 2026 la deuxième phase de son plan d’adaptation au changement climatique, approuvée cette semaine par ses instances de gouvernance. Le programme détaille la manière dont l’établissement entend financer des infrastructures, des villes et des activités agricoles plus résistantes aux sécheresses, aux inondations et aux fortes chaleurs. Il prévoit aussi un nouvel outil numérique, ClimateSET, destiné à faciliter l’identification des risques climatiques.
L’objectif financier d’au moins 30 milliards d’euros entre 2026 et 2030 avait déjà été annoncé dans la feuille de route climatique du groupe. La nouveauté d’octobre réside dans l’adoption du plan opérationnel, la présentation de ses modalités et des instruments d’accompagnement.
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De la cartographie des risques à des projets finançables
Le plan associe prêts, garanties et conseils pour aider entreprises, collectivités et intermédiaires financiers à transformer des diagnostics climatiques en projets d’investissement. Il cible notamment la gestion de l’eau, la résilience des bâtiments publics, les réseaux énergétiques et l’agriculture.
Les interventions envisagées vont de l’irrigation économe à la réutilisation de l’eau, en passant par la restauration des zones humides, des forêts et des plaines inondables. Ces solutions fondées sur la nature peuvent contribuer à ralentir les écoulements, préserver des écosystèmes et réduire certains dommages liés aux événements extrêmes. Leur pertinence dépend des caractéristiques de chaque territoire.
Le document de programmation publié le 22 octobre décrit une ambition plus large : rendre les investissements d’adaptation plus faciles à identifier et à financer, y compris pour les petites entreprises. Il s’agit d’un cadre de financement européen, et non d’une nouvelle aide directement ouverte à tous les particuliers.
ClimateSET, un outil annoncé pour la fin de 2026
Parmi les mesures mises en avant figure ClimateSET, un outil numérique en libre accès développé avec le service européen Copernicus consacré au changement climatique. La BEI annonce son lancement d’ici à la fin de l’année 2026 et son intégration dans une version améliorée du Green Checker, utilisé pour orienter l’analyse d’investissements environnementaux.
L’objectif est de mieux relier les données de risque aux décisions financières. Une entreprise exposée aux épisodes de chaleur ou une collectivité confrontée à des crues doit pouvoir identifier plus clairement les vulnérabilités à prendre en compte dans ses projets. Les caractéristiques détaillées de l’outil et son usage effectif devront être appréciés lors de sa mise à disposition.
Pour les acteurs français, la prévention des dommages climatiques devient ainsi un sujet de financement et de gestion des infrastructures, au-delà de la seule réduction des émissions de gaz à effet de serre. La France est également citée parmi les pays concernés par les nouveaux financements d’infrastructures énergétiques approuvés cette semaine par la BEI, sans que le communiqué détaille une enveloppe française spécifique au titre du plan d’adaptation.
Une dimension européenne et internationale
Le groupe entend aussi soutenir les technologies européennes d’adaptation, notamment les systèmes de refroidissement, les solutions énergétiques résilientes et les équipements économes en eau. Hors de l’Union, il mentionne des projets liés à l’eau en Argentine et au Ghana, ainsi qu’un appui accru aux pays particulièrement vulnérables aux aléas climatiques.
Le communiqué de la BEI indique par ailleurs que ses conseils d’administration ont approuvé 11,8 milliards d’euros de nouveaux financements dans plusieurs secteurs, dont 5,5 milliards pour l’autonomie énergétique européenne. Ces montants correspondent à des décisions de financement distinctes de l’enveloppe pluriannuelle annoncée pour l’adaptation.
La mise en œuvre du plan dépendra désormais de l’instruction des projets, des partenariats financiers et de la capacité des porteurs à documenter les risques qu’ils cherchent à réduire. La publication de ClimateSET, annoncée avant la fin de 2026, sera l’un des prochains jalons concrets de cette démarche.
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Source: www.greenetvert.fr
