Quinze ans après la catastrophe de Fukushima en 2011, le Japon est confronté à une nouvelle crise de confiance dans son secteur nucléaire. Le 14 septembre 2026, Kingo Hayashi, président de Chubu Electric Power, et Satoru Katsuno, président du conseil d'administration, ont annoncé leur démission. La cause : la falsification de données sismiques pour minimiser les risques liés au redémarrage de deux réacteurs de la centrale de Hamaoka, une zone sismiquement active.
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Un scandale ravivant les inquiétudes post-Fukushima
Ces démissions suivent la publication d'un rapport de 250 pages par un comité indépendant détaillant les défaillances de l’opérateur dans l’évaluation des risques sismiques. En janvier 2025, Chubu Electric Power avait admis avoir présenté des données sous-estimant ces risques aux autorités. Un mois plus tard, un lanceur d'alerte a informé le régulateur japonais de l'existence de données différentes de celles officiellement soumises.
La catastrophe de Fukushima avait conduit à la fermeture de tous les réacteurs nucléaires du Japon. Depuis, le pays tente de relancer son parc nucléaire pour atteindre la neutralité carbone d'ici 2050. Ce scandale montre que les leçons de Fukushima restent fragiles. Le régulateur avait approuvé les données sismiques en septembre 2023, mais a suspendu son examen en décembre 2024 après les révélations du lanceur d'alerte.
Des démissions illustrant la crise de confiance
Lors de leur annonce de départ, Kingo Hayashi a exprimé « un lourd sentiment de responsabilité et un profond remords ». Il a souligné l’importance de prioriser la sécurité et la conformité réglementaire. Ces déclarations font suite à des mois de pression sur l’opérateur, accusé de privilégier les impératifs commerciaux au détriment de la sécurité.
Le rapport indépendant identifie une gouvernance défaillante chez Chubu Electric Power, où les pressions pour autoriser le redémarrage auraient influencé la présentation des données. Les réacteurs de Hamaoka concernés ne redémarreront pas : l'opérateur a retiré ses demandes officielles.
Falsification des données sismiques : un risque environnemental et sanitaire
Située dans la fosse de Nankai, la centrale de Hamaoka est en zone de risque élevé de méga-séisme. En 2024, l'Agence météorologique japonaise a émis un avis spécial sur cette menace. L'estimation correcte du « mouvement sismique maximal en surface » est cruciale pour la conception parasismique des installations nucléaires. Sous-évaluer ces données pourrait exposer des millions de personnes à un risque d’accident majeur.
Le retrait des demandes pour les réacteurs est une réponse initiale, mais soulève des questions sur l'ensemble du parc nucléaire japonais. D'autres installations ont-elles subi des manipulations similaires ? Le rôle du lanceur d'alerte, essentiel pour dévoiler ces falsifications, interroge sur l'efficacité des contrôles. Le régulateur japonais, ayant validé les données en 2023, doit aussi revoir ses procédures d'audit.
Vers une culture de sécurité renforcée dans le nucléaire japonais
Les démissions de Kingo Hayashi et Satoru Katsuno symbolisent une reconnaissance des défaillances organisationnelles ayant permis la falsification. Cependant, au-delà des démissions, c'est toute la gouvernance du nucléaire japonais qui doit être repensée. La transition énergétique ne peut se bâtir sur des données faussées. Entre les objectifs de neutralité carbone pour 2050 et les impératifs de sécurité dans un archipel exposé aux séismes, le Japon doit privilégier la transparence sur les pressions économiques. Les arrêts de réacteurs pour raisons de sécurité reflètent une responsabilité environnementale et sanitaire.
La question demeure : le scandale de Chubu Electric Power est-il un cas isolé ou révèle-t-il des pratiques répandues dans l'industrie nucléaire nippone ? La réponse influencera la crédibilité de la relance nucléaire au Japon.
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Source: www.greenetvert.fr
