Chaque jour, 80 000 véhicules individuels empruntent l’A10, contribuant aux émissions de CO₂ dans l’atmosphère de la région francilienne. La navette électrique autonome propose une alternative : elle peut transporter 12 passagers sans émission directe, avec l’objectif de diminuer l’autosolisme en grande couronne. Mais cette initiative peut-elle réellement modifier les habitudes de mobilité d’ici 2028 ?
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Un défi environnemental : l'autosolisme en grande couronne
L'A10 voit passer quotidiennement 80 000 véhicules, principalement desvoitures individuelles avec un seul conducteur. Moroine Laoufi, directeur de projet chez VINCI Autoroutes, souligne : «L'insertion n'est pas simple car il y a du trafic avec de nombreux véhicules légers. Sur l'A10, 80 000 circulent par jour en moyenne. » L’autosolisme cause congestion, pollution locale et émissions de gaz à effet de serre. Pour les habitants de la grande couronne, l’autoroute est souvent le seul accès aux pôles d’emploi comme Massy-Palaiseau.
Les trajets périurbains sont particulièrement polluants : ils s'étendent souvent sur 20 à 50 km à grande vitesse, sans alternative viable. Un trajet quotidien de 30 km en voiture thermique génère environ 2,5 tonnes de CO₂ par an et par usager. Avec des milliers de navetteurs, l’impact carbone est considérable. L’électrification des véhicules individuels réduit les émissions directes mais ne résout ni la congestion ni l’utilisation excessive des parkings. En revanche, le transport collectif électrique diminue les émissions par passager d’un facteur de 10 à 15, à condition qu’il soit disponible.
Navette autonome : une alternative pour décarboner le transport
La navette qui circule sur l'A10 transporte 12 passagers de Longvilliers à Massy-Palaiseau en 30 minutes, un temps comparable à celui de la voiture individuelle. Elle n'émet aucune émission directe grâce à son moteur électrique. Selon l’ADEME, un bus électrique émet environ 10 grammes de CO₂ par passager et par kilomètre, contre 120 à 150 grammes pour une voiture thermique avec un seul occupant. Ce rapport de 12 à 15 signifie qu’un passager passant de la voiture à la navette évite environ 1,8 tonne de CO₂ par an sur un trajet quotidien de 25 km.
Depuis mars 2026, 150 personnes ont testé le service. Si 75 d'entre elles choisissaient la navette pour cinq trajets hebdomadaires, cela éviterait 135 tonnes de CO₂ par an. Le projet prévoit 5 à 10 navettes d'ici 2027-2028. Avec 10 navettes transportant chacune 120 passagers par jour, le potentiel d'évitement atteint 2 160 tonnes de CO₂ par an. Bien que significatif localement, ce chiffre soulève la question de l'ampleur nécessaire pour répondre au défi climatique.
Pôle multimodal de Longvilliers : un modèle de mobilité durable
Depuis 2020, le pôle multimodal de Longvilliers inclut, en plus de la navette autonome, un parking de covoiturage, des lignes de cars express vers Paris et des infrastructures pour mobilités douces comme les vélos et trottinettes. Ce hub vise à encourager l’abandon de la voiture au profit de modes de transport moins carbonés. La navette s’intègre dans un réseau plus large et, avec son intégration prévue au pass Navigo en 2028, elle facilitera l’intermodalité et le report modal.
Le site offre également des bornes de recharge pour véhicules électriques, permettant aux automobilistes de réduire leurs émissions directes. Cette synergie entre électrification individuelle et transport collectif autonome crée un écosystème harmonieux où chaque usager peut choisir le mode de transport le plus approprié, tout en contribuant à la décarbonation.
Plan France 2030 et objectifs climatiques : le rôle de l'A10
Le projet est soutenu par le Programme d'Investissements d'Avenir dans le cadre du plan France 2030, qui vise la neutralité carbone d'ici 2050 avec une réduction de 40 % des émissions de transport d'ici 2030. L’A10, avec ses 80 000 véhicules par jour, représente un potentiel d’émissions considérable. La navette autonome vise à démontrer qu’une alternative crédible existe, à mesurer son acceptabilité et à quantifier son impact carbone. Les données recueillies alimenteront les politiques publiques futures de mobilité.
Passer de 150 usagers testeurs à un déploiement de 5 à 10 navettes est crucial pour l'impact climatique. Actuellement un prototype, le projet doit évoluer vers un service de transition significatif. Moroine Laoufi prévoit le développement d'une IA pour assurer la sécurité à bord, rendant le modèle économique viable en réduisant les coûts d'exploitation. La fiabilité et l'accessibilité seront essentielles pour convaincre les utilisateurs potentiels.
Le défi de l'échelle : amplifier l'impact environnemental
L'impact climatique de la navette dépend de sa multiplication.Avec dix navettes, 2 000 tonnes de CO₂ sont évitées chaque année, un chiffre encourageant mais modeste comparé aux 40 millions de tonnes produites annuellement par les transports en Île-de-France. Pour progresser, le consortium doit réduire les coûts d’exploitation, convaincre les collectivités de financer le déploiement et démontrer l’acceptabilité sociale. La transition écologique ne se fera pas avec une seule navette, mais avec des centaines. L’A10 ouvre la voie, reste à concrétiser cette avancée.
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Source: www.greenetvert.fr
