Un bilan du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), publié le 30 octobre 2026, montre comment 24 villes de 19 pays ont tenté d’intégrer la restauration de la nature à leurs décisions d’urbanisme. Les résultats portent autant sur des documents de planification, des études et des financements que sur les surfaces effectivement restaurées. C’est précisément cette différence qui permet de mesurer les progrès, sans confondre projets et réalisations.
Table des matières
31 politiques locales et 87 outils élaborés
Dans son bilan de l’initiative Generation Restoration Cities, le PNUE indique que le programme a contribué à intégrer des enjeux climatiques et écologiques dans 31 politiques, plans urbains ou textes locaux. Il a également accompagné l’élaboration de 87 études et outils, notamment des cartes de biodiversité, des diagnostics hydrologiques et des stratégies de financement.
Le programme, conduit entre 2023 et 2025 avec le soutien de l’Allemagne et la collaboration d’ICLEI, visait à aider les municipalités à dépasser les opérations ponctuelles de plantation ou de nettoyage. L’objectif était de faire entrer la restauration écologique dans les décisions qui déterminent durablement l’usage des sols, la gestion de l’eau et les investissements urbains.
À Barranquilla, en Colombie, les équipes ont réalisé des études hydrologiques et topographiques pour préparer des interventions autour du cours d’eau León. À Manaus, au Brésil, elles ont cartographié des possibilités d’agriculture urbaine et de restauration. À Kochi, en Inde, le travail a porté sur la stratégie de réhabilitation écologique d’un canal. Ces documents ne garantissent pas que tous les travaux proposés ont été exécutés : ils fournissent des bases techniques aux décisions futures.
Près de 197 000 hectares repérés, mais pas encore restaurés
Le PNUE souligne une distinction importante : les sites pilotes de restauration effectivement concernés par les interventions du programme couvraient des superficies relativement modestes, de l’ordre de quatre hectares, tandis que les villes participantes ont identifié plus de 196 688 hectares présentant un potentiel de restauration future. Ce second chiffre n’est donc ni une superficie déjà renaturée ni un résultat écologique acquis.
Les exemples donnent une idée de l’écart entre diagnostic et réalisation. Curitiba a étudié le potentiel de 2 000 hectares de terrains vacants ; Dakar a identifié 528 hectares ; Istanbul, 223 hectares. À Kisumu, au Kenya, les autorités ont retenu 100 hectares le long de la rivière Auji, un corridor utile à la prévention des inondations, à l’épuration de l’eau et à la biodiversité.
La restauration urbaine peut prendre des formes variées : réhabiliter une zone humide pour mieux absorber les crues, reconnecter des habitats naturels ou rétablir des sols capables d’infiltrer l’eau. Son efficacité dépend du contexte local, de l’entretien et de la continuité des financements. Une surface simplement désignée comme prioritaire ne produit pas automatiquement ces bénéfices.
Financement et planification : les enseignements pour les collectivités françaises
Le programme met aussi en avant l’effet de levier possible d’un financement initial. Dans la municipalité sud-africaine d’Overstrand, une aide de 80 000 dollars a contribué, selon le PNUE, à mobiliser environ 346 000 dollars supplémentaires pour des opérations incluant la lutte contre les espèces invasives et la réhabilitation de berges et de zones humides. Ce résultat local ne peut pas être généralisé à tous les projets sans tenir compte de leurs coûts et de leurs partenaires.
Les activités de sensibilisation ont touché plus de 1,5 million de personnes et plus de 2 687 personnes ont été formées, d’après le bilan. Il s’agit d’indicateurs de mobilisation et de formation, pas de mesures directes d’amélioration de la biodiversité.
La France figure dans le réseau de partage d’expérience : Paris est présentée parmi les villes modèles de Generation Restoration, aux côtés notamment de Glasgow, Toronto et Curitiba. Cela ne signifie pas que les 31 décisions locales recensées ont été prises à Paris ni qu’un financement nouveau lui a été attribué.
Pour les collectivités françaises confrontées aux canicules, aux inondations ou à l’érosion de la biodiversité, le principal enseignement est opérationnel : cartographier les besoins, inscrire les interventions dans les documents d’urbanisme et identifier des financements durables avant de promettre des hectares restaurés. La plateforme de ressources du programme rassemble des exemples et des outils pouvant alimenter cette préparation, sans remplacer les études de terrain et les obligations réglementaires françaises.
Cet article Nature en ville : 24 municipalités ont intégré la restauration écologique à 31 politiques locales est apparu en premier sur Green et Vert.
Source: www.greenetvert.fr
