Les résultats de l’Inventaire Forestier National 2026, publiés le 7 octobre par l’IGN, dressent un constat préoccupant. La mortalité annuelle des arbres en forêt française atteint désormais 18,1 millions de mètres cubes, soit 2,5 fois plus qu’entre 2005 et 2013. Cette augmentation rapide touche un écosystème qui s’étend sur 17,7 millions d’hectares, couvrant près d’un tiers du territoire métropolitain et corse.
Bien que la forêt continue de s'étendre au rythme de 100 000 hectares par an depuis quinze ans, les données collectées entre 2021 et 2025 révèlent une dégradation sanitaire inédite.
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La santé des forêts françaises se dégrade rapidement
L'inventaire souligne un phénomène inquiétant : 9% des arbres dominants présentent des altérations significatives. Parmi ceux-ci, un quart est déjà mort, tandis que les autres montrent des signes de dépérissement. Cette moyenne cache des disparités régionales et des urgences pour certaines essences.
La production biologique annuelle de bois a également chuté de 8% par hectare, passant de plus de 90 millions de mètres cubes (2005-2013) à 88,7 millions (2016-2024). Le puits de carbone forestier s'en trouve réduit, les forêts françaises ne séquestrant plus que 39 millions de tonnes de CO2 par an, contre 63 millions auparavant.
Frêne, châtaignier, épicéa : les perdants de la crise climatique
Toutes les essences ne sont pas également touchées. Le frêne, affecté par la chalarose, voit 25% de ses arbres altérés. Le châtaignier, affaibli par d'autres maladies, suit de près avec 22%. L'épicéa commun et le chêne pédonculé complètent ce tableau sombre.
Les sécheresses successives, les températures extrêmes et la prolifération d'insectes comme les scolytes expliquent ces pertes. Les conditions climatiques extrêmes affaiblissent les arbres, facilitant les attaques de parasites et entraînant un stress hydrique accru.
Impacts sur la faune et les écosystèmes forestiers
L'inventaire révèle que 15% des jeunes arbres sont endommagés par les ongulés sauvages, tels que les chevreuils et cerfs, dont les populations ont augmenté en l'absence de prédateurs naturels, compromettant la régénération forestière.
La multiplication des arbres morts modifie les habitats, affectant des espèces comme les oiseaux forestiers et les mammifères arboricoles. La simplification structurelle des forêts appauvrit la biodiversité.
Réduction des services écosystémiques : eau, régulation, habitat
Outre la séquestration de carbone, les forêts assurent des fonctions vitales menacées par leur affaiblissement. La régulation du cycle de l'eau se dégrade, avec moins de transpiration et d'infiltration, aggravant les sécheresses estivales et les crues hivernales.
La fragmentation des habitats s'accentue, rompant les corridors écologiques nécessaires à la faune. Cette perte de connectivité écologique compromet l'adaptation des espèces au changement climatique, comme le montre l'impact des mégafeux en Gironde.
Forêts et ressources en eau : une vulnérabilité croissante
Selon l'inventaire, 54% des forêts françaises se trouvent sur des sols à faible réservoir d'eau, ce qui les rend particulièrement vulnérables aux sécheresses. Même les forêts sur sols à bon réservoir hydrique ne sont pas épargnées, s'avérant moins résilientes face aux déficits hydriques croissants.
La question de l'adaptation des essences aux nouvelles conditions climatiques devient urgente.
2026 : une année charnière non encore mesurée
L'IGN précise que les résultats ne prennent pas en compte les incendies ni la sécheresse de 2026. Les prochains inventaires pourraient enregistrer une dégradation encore plus marquée. Chaque décennie apporte de nouveaux records climatiques, auxquels les forêts peinent à s'adapter.
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Source: www.greenetvert.fr
