Sur le marché de la rénovation, le support dicte souvent la solution. Une façade déjà reprise plusieurs fois, un mur ancien fissuré ou un bâtiment occupé ne présentent ni les mêmes contraintes ni les mêmes conditions d’intervention. Les travaux réalisés auparavant, l’exposition, l’humidité ou simplement l’état du bâti pèsent directement sur le diagnostic et sur le choix des produits. À BATIMAT, les offres consacrées à l’existant accordaient ainsi une place importante au diagnostic et à la mise en œuvre. Dans l’isolation, les mortiers, la façade ou les revêtements, les performances techniques ne constituent plus à elles seules le cœur du discours des fabricants. Guides de choix, assistance sur chantier, formations et outils de prescription prennent une place croissante autour de gammes elles-mêmes de plus en plus spécialisées.
La montée en puissance de la rénovation renforce ainsi le rôle du conseil technique chez les industriels. Sto, spécialiste de la façade, a par exemple structuré son offre autour d’un accompagnement qui va de la préparation du projet à la mise en œuvre, avec des équipes techniques et des dispositifs de formation. Dans l’isolation et l’aménagement intérieur, Knauf s’appuie de son côté sur des équipes de prescription et de support chargées d’accompagner les professionnels dans le choix et l’application des solutions. Dans les deux cas, la technicité du produit s’accompagne désormais d’un service destiné à sécuriser son utilisation sur des chantiers de plus en plus variés.
Dans la peinture, la prescription prend davantage de poids
La peinture professionnelle illustre bien cette évolution. En rénovation, le choix d’un revêtement dépend autant de la finition recherchée que de l’état du support. Une ancienne peinture, un fond poreux, une fissuration ou une exposition particulière peuvent imposer des préparations et des systèmes très différents. Le travail de prescription commence donc bien avant l’application elle-même. Les fabricants ont adapté leur offre à cette diversité de situations. Sikkens ou Caparol, par exemple, organisent une partie de leurs gammes et de leur accompagnement autour des supports, des usages et des contraintes rencontrées sur les chantiers. Chez Cromology, Tollens et Zolpan suivent la même évolution, avec des positionnements complémentaires entre rénovation courante, travaux extérieurs et applications plus techniques.
Cette spécialisation des gammes donne aussi davantage de valeur au conseil. Pour l’applicateur, la difficulté ne consiste pas seulement à trouver une peinture offrant le bon niveau de résistance ou le rendu souhaité, mais à s’assurer qu’elle est compatible avec le fond existant et avec les différentes étapes du chantier. Sur une façade ancienne ou un support déjà traité à plusieurs reprises, une erreur de diagnostic peut remettre en cause l’ensemble du système retenu.
Chez Cromology, cette dimension s’appuie notamment sur l’expertise technique développée autour de Tollens et de Zolpan. La première couvre un large éventail de travaux intérieurs et extérieurs, quand la seconde intervient plus fortement sur la façade, l’imperméabilité ou l’isolation thermique par l’extérieur. Dans les deux cas, la connaissance des supports et des conditions de mise en œuvre accompagne désormais beaucoup plus étroitement le produit lui-même.
Le point de vente prolonge le conseil technique
Cette évolution redonne également de l’importance au point de vente professionnel. Dans la peinture, l’artisan arrive généralement avec un chantier précis, un support à traiter et, parfois, une difficulté rencontrée sur place. Le choix ne porte donc pas uniquement sur une référence ou une teinte, mais sur la solution la mieux adaptée aux conditions d’intervention.
Le comptoir conserve à ce titre une fonction qui dépasse largement la disponibilité du produit. Réseaux spécialisés et négoces permettent de vérifier la compatibilité entre plusieurs références, de préciser une préparation ou d’obtenir un avis sur la mise en œuvre. Les outils numériques complètent progressivement ce conseil, en facilitant l’accès aux documentations techniques, aux caractéristiques des gammes ou à la préparation des commandes.
Le développement de ces services accompagne une évolution plus générale du marché. Plus la rénovation progresse, moins les fabricants peuvent raisonner à partir de configurations parfaitement standardisées. Les caractéristiques du bâtiment, son histoire et les interventions déjà réalisées imposent des réponses plus précises et donnent davantage de poids à la prescription.
BATIMAT 2026 en a donné une illustration assez nette. Sur de nombreux stands, l’innovation ne se limitait plus aux performances annoncées par les produits, elle portait également sur leur choix, leur intégration dans un système et l’accompagnement proposé aux professionnels pour leur mise en œuvre. Dans la rénovation, l’expertise qui entoure le produit devient ainsi une part croissante de la valeur apportée par les industriels.
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Source: www.greenetvert.fr
