Dans un contexte économique plus contraint, les stocks dormants ne sont plus un simple sujet logistique. Ils deviennent un enjeu de performance. Le don permet de transformer ces excédents en ressources utiles pour les associations. Mais il peut aussi servir de révélateur : mieux comprendre ses surstocks, c’est souvent mieux comprendre sa production.
Depuis plusieurs années, les entreprises ont largement intégré les enjeux liés à l'énergie, au bilan carbone, au recyclage ou à l'écoconception. Ces sujets sont désormais suivis, mesurés, pilotés. Mais un angle reste encore étonnamment peu traité : celui des produits déjà fabriqués qui seront difficilement, voir jamais, vendus. Retours clients, changements de gamme, erreurs de prévision, produits devenus obsolètes alors qu'ils restent parfaitement utilisables : les causes sont multiples. Le résultat, lui, est toujours le même. Des stocks s'accumulent.
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Un produit invendu n'est pas un produit sans valeur
Un stock dormant, c'est d'abord de la valeur immobilisée. De l'espace occupé. Des coûts logistiques. Des ressources déjà consommées pour fabriquer, transporter et stocker un produit qui ne trouvera peut-être jamais d'acheteur. Face à cette situation, les entreprises arbitrent généralement entre plusieurs options : attendre, déstocker, recycler ou donner.
Le don reste pourtant trop souvent perçu comme une solution de dernier recours, à dimension essentiellement solidaire. C'est réducteur. Car un produit qui a perdu une partie de sa valeur commerciale peut conserver une valeur d'usage très forte. Des matériaux peuvent permettre à une association de rénover ses locaux. Un équipement peut faciliter la mobilité, la formation ou l'insertion. Le don ne détruit donc pas la valeur d'un stock. Il la déplace.
Les surstocks racontent quelque chose de l'entreprise
Mais le sujet ne s'arrête pas là. Lorsqu'une entreprise structure sa politique de don, elle commence mécaniquement à mieux identifier ses excédents : quels produits sont concernés ? Dans quelles quantités ? Pour quelles raisons ? Ces données sont loin d'être anecdotiques. Si les mêmes références apparaissent régulièrement, le surstock devient un signal. Autrement dit, une entreprise peut apprendre de ce qu'elle ne vend pas.
C'est probablement là que le don peut changer de statut. Non plus seulement une solution de sortie de stock, mais un outil complémentaire de lecture de la performance opérationnelle.
Donner, puis comprendre
Il faut évidemment éviter un contresens : le don ne doit jamais devenir une justification à la surproduction. La meilleure gestion d'un surstock reste celle qui permet de l'éviter. Une fois le produit fabriqué, le laisser dormir indéfiniment ou perdre progressivement toute utilité économique et sociale n'a guère de sens. Il faut inverser la logique. Identifier les excédents et leur donner une seconde utilité lorsqu'ils peuvent répondre à un besoin. Le point clé tient à analyser leur origine pour éviter qu'ils ne se reproduisent.
Réconcilier RSE et efficacité opérationnelle
Pendant longtemps, la RSE a été considérée comme un ensemble d'actions venant s'ajouter au fonctionnement de l'entreprise. Les démarches les plus intéressantes sont pourtant celles qui parviennent à rapprocher impact et performance.
Le don de surstocks en est une illustration concrète. Il permet de réduire le gaspillage, d'apporter des ressources aux associations et de mieux valoriser des produits déjà fabriqués. Mais il peut aussi pousser les entreprises à mieux interroger leurs propres mécanismes de production, d'achat et de prévision.
Dans les mois à venir, alors que de nombreuses entreprises chercheront simultanément à maîtriser leurs coûts, cette approche mérite de sortir du seul champ de la solidarité. Un surstock n'est pas seulement un problème à éliminer. C'est aussi une information. Et parfois, une information suffisamment précieuse pour améliorer les décisions de demain.
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Source: www.greenetvert.fr
