Leur étude, saluée dans les milieux climatologiques, révèle un autre coupable bien plus insidieux : la «demande évaporative atmosphérique ». Autrement dit, l’appétit croissant de l’air pour l’eau. Car plus l’atmosphère se réchauffe, plus elle aspire d’humidité à travers les sols, les cultures, la végétation, les rivières. Bien que présente dans certains modèles climatiques, la demande évaporative a longtemps été considérée comme un paramètre secondaire, et donc largement négligée dans l’évaluation des sécheresses.
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Sécheresse : l’évaporation change la donne
Cette évaporation atmosphérique n’est pas un détail marginal, elle rebat les cartes. Les scientifiques ont établi qu’entre 1981 et 2022, cette demande a contribué à amplifier de 40 % la gravité des sécheresses dans le monde. Un chiffre qui suffirait à alerter n’importe quel décideur politique, encore faudrait-il qu’il comprenne l’ampleur du problème. Dans un contexte de réchauffement global, cette dynamique transforme en désert des terres qui recevaient pourtant un volume de pluie stable.
Ainsi, des régions autrefois épargnées se retrouvent affectées. Les zones arides deviennent plus hostiles, les zones humides commencent à faiblir. L’assèchement est désormais systémique. «La sécheresse est basée sur la différence entre l’approvisionnement en eau (par les précipitations) et la demande en eau atmosphérique », rappelle Chris Funk dans The Independent. Or, seule la première variable est aujourd’hui surveillée.
Grande-Bretagne, Sicile : la sécheresse sans pluie
L’Europe, ces derniers mois, en a eu une démonstration saisissante. Le printemps 2025 fut le plus chaud jamais enregistré au Royaume-Uni, avec une température moyenne de 9,5 °C, soit 1,4 °C au-dessus de la normale. En parallèle, les précipitations ont chuté de 40 %, atteignant à peine 128,2 mm entre mars et mai.
Résultat, une déclaration officielle de sécheresse dans le nord-ouest du pays, et des niveaux de réservoirs inférieurs à ceux de l’année 2022, pourtant déjà critique. Plus au sud, la Sicile paie un tribut encore plus lourd. À Cammarata, d’après Libération, les exploitations agricoles ont disparu, englouties par l’aridité et remplacées par des infrastructures éoliennes ou photovoltaïques. Un recyclage du paysage, brutal mais rentable, pour les uns.
Une alerte pour les politiques climatiques
Ce que révèle cette étude, c’est une erreur de diagnostic généralisée. Les politiques de gestion de l’eau se fondent essentiellement sur les volumes de précipitations, négligeant l’évaporation. Ce décalage entre perception et réalité risque de saborder les stratégies d’adaptation au changement climatique.
La conséquence est claire, sans une intégration systématique de la demande évaporative dans les modèles climatiques, les prévisions resteront incomplètes, et les populations vulnérables encore plus exposées. Il ne s’agit plus seulement de savoir s’il pleut, mais de mesurer combien l’air vole à la terre.
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Source: www.greenetvert.fr
