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Des millions de voitures dispersent des microplastiques invisibles
À chaque rotation, chaque virage, chaque freinage, les pneus s’effritent. Ce processus naturel, dû au frottement du caoutchouc sur le bitume, libère des fragments microscopiques appelés « particules d’usure ». Invisibles à l’œil nu, elles sont pourtant bien réelles. Selon la revue Regional Studies in Marine Science,2,26 millions de tonnes de ces particules seraient rejetées chaque année dans l’environnement, soit environ 28 % de la pollution microplastique mondiale.
Ces chiffres sont extraits d’une compilation d’études sur le trafic routier mondial, relayée par Science & Vie. Contrairement aux déchets plastiques plus classiques, ces microplastiques ne flottent pas. Ils s’accumulent dans les caniveaux, les sols, les nappes phréatiques, avant d’être entraînés par les pluies jusqu’aux fleuves et aux océans.
Des microplastiques marins, des fjords suédois aux rivières nord-américaines
Les observations scientifiques s'accumulent. Dans les fjords suédois, des chercheurs en chimie environnementale ont identifié une concentration élevée de particules de pneus dans la microcouche de surface marine. Cette fine pellicule organique à la surface de l’eau concentre les éléments en suspension et facilite l’ingestion par les organismes marins. Mais les océans ne sont pas les seuls concernés. À Oxford (Mississippi), une étude a détecté plus de 30 000 particules d’usure dans seulement 24 litres d’eau pluviale.
Ces microplastiques sont souvent chargés en zinc, plomb et autres métaux lourds, issus de la composition chimique des pneus. Le danger ne s’arrête pas là. Une étude chinoise citée par Science & Vie a révélé la présence de 6PPD-quinone, un composé dérivé des antioxydants utilisés dans les pneus, dans les urines d’enfants et d’adultes.Ce contaminant est associé à des taux de mortalité supérieurs à 50 % chez les saumons Coho exposés lors de leur migration en Amérique du Nord.
L’électrique n’efface pas la pollution des pneus
Contrairement à une idée répandue, les voitures électriques ne réduisent pas cette forme de pollution. Si elles n’émettent pas de gaz d’échappement, leur poids plus élevé accroît l’usure des pneus. Cela signifie, paradoxalement, qu’elles pourraient aggraver la production de particules.
Il n’existe actuellement aucun substitut réellement efficace au composé 6PPD, comme l’a reconnu l’Interstate Technology and Regulatory Council. En l’absence de normes mondiales sur la détection de ces résidus, leur surveillance reste limitée.
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Source: www.greenetvert.fr
