Le changement climatique est-il en train de sonner la fin des feux d’artifice ?
Alors que la France traverse sa troisième canicule, c’est aussi bientôt la fête nationale du 14 juillet. Pourtant, de nombreuses communes s’apprêtent à annuler les traditionnels feux d’artifice. En cause, la sécheresse et un risque d’incendie accru. Cette décision intervient alors que les sapeurs-pompiers sont sollicités sans relâche depuis plusieurs jours sur de nombreux feux de forêt, de l’Hérault aux Pyrénées-Orientales, en passant par la Drôme.
Les feux d’artifice représentent un risque important pour les départs d’incendie. Une simple projection peut suffire à embraser une végétation desséchée. Lorsque les températures sont élevées, que les précipitations se font rares et que le vent souffle, les flammes peuvent ensuite se propager en quelques minutes. Ajouté à cela, le réchauffement climatique qui renforce les conditions propices aux incendies. Les vagues de chaleur plus fréquentes, les sécheresses prolongées et les épisodes de vent intense assèchent la végétation et allongent la saison des feux.
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Des interdictions qui seront de plus en plus fréquentes
Dans ce contexte, les annulations de feux d'artifice pourraient devenir plus régulières au cours des prochaines années. Face à un risque élevé d'incendie, les préfets peuvent interdire les spectacles ou les soumettre à des conditions particulièrement strictes. Les communes sont, de leur côté, invitées à adapter leurs festivités, voire à y renoncer lorsque les conditions météorologiques ne permettent pas de garantir la sécurité du public et des espaces naturels.
Sur franceinfo, Franck Juan, le président de l’association Evazion à Lussac en Gironde, devait organiser un festival devant accueillir plus de 3 000 personnes. Toutefois, le feu d’artifice qui l’accompagne a été annulé par les autorités : « Ça aurait été magnifique, effectivement. Par contre, il y a cette notion de danger par rapport à la sécheresse. On ne peut pas se permettre de mettre en danger notre public et nos bénévoles ».
Cette décision s’explique par le contexte qui touche la région. En effet, la Gironde est placée en orange en feux de forêt. Le maire de Lussac, Didier Gatinel veut aussi limiter les risques : "Il n'aurait pas été raisonnable de tirer des feux d'artifice, sachant que pendant les jours qui viennent, il n'est pas prévu de pluie, on va être toujours dans les 35 degrés. Je pense aussi à nos sapeurs-pompiers qui sont tant sollicités en ce moment dans nos communes".
Ces décisions s'appuient sur les prévisions météorologiques, la vitesse du vent, le niveau de sécheresse de la végétation… Alors que les épisodes de chaleur extrême se multiplient sous l’effet du changement climatique, ce type de mesures préventives pourrait devenir une composante de plus en plus courante des étés français.
Des conséquences moins connues sur la faune et la flore
Les feux d'artifice émerveillent chaque année des millions de spectateurs, mais leurs conséquences sur l'environnement sont loin d'être anodines. Derrière le spectacle lumineux se cachent des nuisances sonores, une pollution de l'air et des perturbations importantes pour la biodiversité.
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La faune sauvage figure parmi les premières victimes de ces spectacles. Les détonations, qui peuvent dépasser les 150 décibels à proximité du point de tir, provoquent un stress intense chez de nombreuses espèces. Les oiseaux sont particulièrement vulnérables : surpris en pleine nuit, ils s’envolent de manière désordonnée, risquent des collisions avec des bâtiments ou des lignes électriques et peuvent mourir d’épuisement. En période de reproduction, certains abandonnent même leurs nids ou leurs couvées. Les mammifères, qu’ils soient sauvages ou domestiques, subissent également ces nuisances, qui modifient temporairement leurs comportements.
Un danger pour la santé
Les impacts concernent également la santé humaine. Lors de leur explosion, les feux d'artifice libèrent dans l'atmosphère un mélange de particules fines, de gaz, de métaux lourds ainsi que des résidus plastiques issus des enveloppes pyrotechniques. Ces polluants retombent ensuite sur les sols, les cours d’eau et la végétation. En 2012, une étude menée par Airparif à Paris a notamment mis en évidence une hausse de plus de 3 000 % des concentrations en particules fines dans les heures suivant un spectacle. Cette pollution, certes ponctuelle, peut aggraver les troubles respiratoires et cardiovasculaires, en particulier chez les personnes asthmatiques, les enfants, les personnes âgées ou les individus souffrant de maladies cardiaques.
Dans ce contexte, les annulations de feux d'artifice décidées par plusieurs communes en raison du risque élevé d'incendie constituent aussi une bonne nouvelle pour l'environnement. Si elles répondent avant tout à un impératif de sécurité, elles permettent également d'éviter des émissions de polluants, de limiter les nuisances pour la faune et de réduire les risques sanitaires liés à ces événements.
Source: www.linfodurable.fr
