Google a discrètement réduit de deux ans le support de ses Chromebooks, accélérant ainsi leur obsolescence. Cette démarche commerciale contribue à l’augmentation des déchets électroniques, en contradiction avec les engagements RSE de la société californienne.
En septembre 2023, Google promettait des mises à jour pour ses Chromebooks sur dix ans. Cependant, treize mois plus tard, cette promesse s'est évanouie. Une page d'assistance modifiée discrètement annonce que « les appareils ChromeOS recevront des mises à jour régulières et des correctifs de sécurité jusqu’à mi-2034 », soit deux ans de moins que l’échéance initiale de 2036. Ainsi, un Chromebook acheté en 2026 expirera en 2034, huit ans plus tôt que prévu. Cette modification entraîne une obsolescence précoce de millions de portables, aggravant la crise mondiale des déchets électroniques.
Table des matières
Conséquences écologiques de l'obsolescence programmée par Google
Les Chromebooks sont largement utilisés dans les établissements scolaires aux États-Unis, en Europe et en Asie. Aux États-Unis, plus de 50 millions d'unités ont été distribuées dans les écoles depuis 2020. En France, plusieurs académies ont également investi dans ces appareils économiques. La réduction du support contraint ces institutions à prévoir un remplacement anticipé de leurs parcs informatiques. Par exemple, un lycée équipé de mille Chromebooks en 2025 devra les remplacer dès 2033, au lieu de 2035. Cette stratégie pourrait générer plusieurs millions de tonnes de déchets électroniques supplémentaires d’ici la fin de la décennie.
L'arrêt des mises à jour pousse à la dépendance : sans correctifs, les appareils sont vulnérables aux cyberattaques, forçant leur remplacement. Google en profite pour proposer les Googlebooks, cinq nouveaux modèles basés sur Android, vendus entre 899 et 1 299 dollars, soit deux à trois fois plus cher que les Chromebooks d’entrée de gamme.
Impact environnemental des nouvelles propositions de Google
La fabrication d'un ordinateur portable génère entre 200 et 400 kg d'équivalent CO₂. Remplacer prématurément dix millions de Chromebooks pourrait émettre entre deux et quatre millions de tonnes de CO₂, soit l'équivalent des émissions annuelles du Bénin. La production de nouvelles machines nécessite l'extraction de métaux rares, impactant gravement des régions en Afrique, Asie et Amérique du Sud. Prolonger la durée de vie des appareils existants est plus efficace pour l'environnement que le recyclage ou l'amélioration de l'efficacité énergétique.
Google justifie cette transition par l'intégration de l'IA Gemini et la convergence Android-ChromeOS. Pourtant, le maintien du support logiciel des Chromebooks actuels restait techniquement possible. Des entreprises comme Apple et Fairphone prouvent qu'un cycle de vie de dix ans ou plus est viable. La décision de Google est stratégique, non technique.
Googlebooks : une solution vraiment écoresponsable ?
Les Googlebooks intègrent des processeurs puissants mais énergivores, comme les Intel Core Ultra Series 3 ou Snapdragon X Elite, capables de 45 TOPS. Cette capacité permet des tâches IA exigeantes, mais aussi une consommation accrue : les NPU consomment de 15 à 30 watts, contre 5 à 10 watts pour les Chromebooks ARM. Sur cinq ans d'utilisation, cela représente 100 à 200 kWh supplémentaires par appareil. En France, cela équivaut à 10 kg de CO₂ par appareil ; aux États-Unis ou en Chine, ce chiffre atteint 80 à 100 kg. Google ne fournit pas de données comparatives sur l'empreinte carbone des Chromebooks et Googlebooks, ce qui soulève des questions sur ses engagements climatiques.
L'intégration de l'IA est poussée par un bouton dédié sur le clavier des Googlebooks, symbolisant la stratégie de Google d'imposer cette technologie, au risque de rendre obsolètes des millions d'appareils fonctionnels. Les composants avancés nécessitent des procédés de fabrication énergivores et complexes, augmentant l'utilisation de silicium et métaux rares.
Google face à ses responsabilités environnementales
Une directive européenne de 2024 impose aux fabricants de garantir la disponibilité des pièces détachées pendant dix ans et de faciliter les réparations. Google contourne cette règle en arrêtant les correctifs de sécurité, rendant les appareils inutilisables. Un Chromebook sans mises à jour devient vulnérable, contraignant à son remplacement. Le taux de recyclage des équipements électroniques est faible, avec 80 % des déchets finissant dans des décharges sauvages polluantes. La stratégie de Google aggrave ce problème.
Des alternatives durables existent, comme les ordinateurs modulaires de Framework ou les smartphones de Fairphone. Ces modèles prouvent qu'une conception respectueuse de l'environnement est compatible avec la rentabilité. Google, avec ses moyens, pourrait suivre cette voie, mais préfère maximiser ses revenus à court terme par le renouvellement forcé.
La transition vers les Googlebooks aurait pu inclure un programme de reprise et de reconditionnement des Chromebooks, ou des mises à jour logicielles pour profiter des fonctionnalités Android. L'obsolescence programmée devient le moteur de cette transition, négligeant les enjeux climatiques et sociaux. Les Googlebooks seront disponibles le 5 octobre 2026, laissant aux utilisateurs le choix entre un appareil vulnérable ou une contribution forcée à la crise environnementale. Les actes de Google contrastent avec ses objectifs affichés de neutralité carbone. La responsabilité des géants technologiques dépasse leurs rapports RSE pour s’évaluer sur leurs actions concrètes, un domaine où Google échoue.
Cet article Google et l’obsolescence programmée des Chromebooks : une stratégie polluante est apparu en premier sur Green et Vert.
Source: www.greenetvert.fr
