Le Point révélait le 17 mai 2026 les contours précis de ce vaste programme éolien offshore baptisé Atis. Le projet prévoit l’installation de 48 éoliennes flottantes dans les eaux italiennes, entre le nord-est du Cap Corse et l’archipel toscan. Selon les informations publiées par l’hebdomadaire, la future ferme éolienne couvrirait environ 264 km² en mer Ligurienne et atteindrait une capacité totale de 864 MW. À travers ce chantier, Eni et sa filiale Plenitude ambitionnent de créer le plus important parc éolien offshore jamais développé en Méditerranée.
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Éolien offshore : un projet stratégique entre la Corse et l’Italie
Le groupe italien défend un projet présenté comme structurant pour la transition énergétique méditerranéenne. Selon Le Point, Claudio Piccinelli, responsable de l’éolien offshore et des énergies renouvelables chez Plenitude, a déclaré : «Ce parc éolien flottant en mer, d’une capacité de 864 MW, sera construit au large des côtes toscanes », dans un entretien publié le 17 mai 2026 par l’hebdomadaire. Cette puissance placerait immédiatement l’installation parmi les grands ensembles européens du secteur éolien flottant. L’implantation retenue reste cependant extrêmement sensible. Le futur complexe offshore serait situé à environ 28 kilomètres du Cap Corse, à proximité des îles italiennes de Capraia et de Gorgona, et à seulement 6 kilomètres des eaux territoriales françaises. Cette proximité géographique explique l’ouverture d’une enquête publique en France, même si le projet demeure officiellement implanté dans les eaux italiennes.
Dans le même temps, le développement de l’éolien flottant progresse rapidement en Méditerranée. D’après Windtech International, la France prévoit plusieurs appels d’offres représentant 2,5 GW de capacité offshore supplémentaires dans les prochaines années, avec des mises en service attendues entre 2032 et 2034. Le média spécialisé rappelait le 22 novembre 2024 que les futurs projets concerneront notamment la Méditerranée française. Ce contexte européen favorable explique l’intérêt croissant d’Eni pour le marché éolien maritime. Le choix de l’éolien flottant constitue également un élément déterminant du dossier. Cette technologie permet d’installer des turbines plus loin des côtes et dans des profondeurs importantes, incompatibles avec des fondations classiques. Selon les données recensées par les autorités européennes sur Horizon Europe, les technologies flottantes sont désormais considérées comme un axe prioritaire de développement énergétique maritime. Les institutions européennes soutiennent notamment les innovations destinées à réduire les interactions entre les infrastructures offshore et les milieux marins.
Eni promet une protection des écosystèmes marins
Face aux inquiétudes environnementales, Plenitude insiste sur les mesures techniques retenues pour limiter les conséquences du parc éolien offshore sur la biodiversité méditerranéenne. L’enjeu écologique apparaît central dans ce dossier, car la zone concernée abrite plusieurs espèces protégées ainsi que des couloirs migratoires sensibles pour les mammifères marins et les oiseaux. Selon les éléments rapportés par Le Point, Claudio Piccinelli assure que l’architecture du projet a précisément été pensée pour réduire les perturbations écologiques. Le responsable de Plenitude affirme notamment : « Les choix de conception garantissent la protection des écosystèmes marins », selon les propos publiés par l’hebdomadaire. Cette déclaration constitue aujourd’hui l’axe principal de la communication du groupe italien autour du projet Atis. Le recours à l’éolien flottant permet effectivement de limiter certains travaux lourds sur les fonds marins. Contrairement aux structures fixes traditionnelles, les turbines flottantes utilisent des systèmes d’ancrage plus légers et évitent une partie des opérations de forage profond.
Selon les données publiées sur le portail Horizon Europe consacré aux innovations énergétiques, les recherches européennes visent précisément à optimiser les flotteurs et les systèmes d’anarrage afin de diminuer les impacts environnementaux en mer. Le projet intervient aussi dans une phase d’expansion rapide des capacités renouvelables d’Eni Plenitude. D’après la présentation financière publiée par le groupe en avril 2026, la société vise plus de 7 GW de capacités renouvelables installées à horizon 2026. Le groupe précise également opérer dans quinze pays et développer massivement ses activités liées aux énergies renouvelables et à l’éolien offshore. Cette stratégie illustre la transformation progressive d’Eni, historiquement centré sur les hydrocarbures, vers des activités énergétiques bas carbone. Les chiffres du marché italien montrent également une accélération du secteur éolien. L'Italie disposait de 12,9 GW de capacités éoliennes installées fin 2024. Toutefois, l’éolien offshore italien reste encore limité avec seulement 30 MW en service. Le projet Atis représenterait donc un changement d’échelle majeur pour l’Italie dans le domaine maritime.
Des tensions locales et des ambitions industrielles
L’ampleur du futur parc offshore nourrit déjà les débats politiques et environnementaux en Corse comme en Toscane. Plusieurs associations locales redoutent une artificialisation croissante de la Méditerranée ainsi qu’un impact paysager important dans une zone réputée pour sa valeur patrimoniale et touristique. Cependant, les industriels mettent en avant l’urgence énergétique européenne. Depuis le déclenchement de la crise énergétique continentale et la hausse des prix du gaz, les États européens accélèrent fortement leurs investissements dans l’éolien offshore. Selon Energy Global, publié le 23 mai 2025, Plenitude participe déjà à plusieurs consortiums visant à répondre aux appels d’offres offshore français. Le groupe italien multiplie donc les positions stratégiques en Méditerranée occidentale. La dimension industrielle du projet Atis apparaît également considérable. Avec 48 turbines flottantes et 864 MW de capacité annoncée, l’installation pourrait produire l’équivalent de la consommation électrique de plusieurs centaines de milliers de foyers.
À titre de comparaison, le parc flottant français Provence Grand Large, développé au large des Bouches-du-Rhône, ne compte actuellement que trois turbines pour une puissance totale de 25,2 MW, selon les données techniques du projet. L’éolien flottant demeure néanmoins une technologie encore coûteuse et relativement récente. Selon les informations disponibles sur les projets européens recensés par Horizon Europe, les industriels cherchent toujours à améliorer la stabilité des plateformes, réduire les coûts logistiques et limiter les opérations de maintenance en mer profonde. Malgré ces contraintes, la Méditerranée devient progressivement un laboratoire stratégique pour les futures infrastructures offshore européennes. Pour Eni Plenitude, le projet Atis représente enfin une démonstration industrielle et politique. En avançant sur un dossier transfrontalier particulièrement exposé médiatiquement, le groupe italien teste aussi l’acceptabilité sociale des grands projets éoliens flottants en Méditerranée. La phase d’enquête publique ouverte en France pourrait désormais devenir un indicateur clé pour l’avenir des futurs développements offshore entre la Corse, l’Italie et le sud de la France.
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