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Quand Volkswagen compare les voitures thermiques aux chevaux d'autrefois
« Savez-vous quand les chevaux ont été interdits ? » La question, posée avec malice par Martin Sander, responsable des ventes chez Volkswagen, cache une réflexion audacieuse sur l’avenir de l’automobile. Pour ce dirigeant allemand, la transition vers la voiture électrique suivra le même schéma naturel que celui qui a vu l’automobile thermique supplanter le cheval au début du XXe siècle.
Cette comparaison historique, développée dans un entretien accordé au média britannique Auto Express, révèle la stratégie du constructeur allemand face aux débats sur l’interdiction des moteurs thermique.
Une leçon d'histoire pour éclairer la transition énergétique
« C'est une question piège, bien sûr : on peut acheter un cheval aujourd'hui », poursuit Martin Sander. « Au fil du temps, de plus en plus de gens ont compris que pour se déplacer d'un point A à un point B, une voiture est bien plus pratique qu'un cheval. »
Derrière cette analogie apparemment simple se cache une analyse sophistiquée des mécanismes d'adoption technologique. Le dirigeant de Volkswagen souligne que les révolutions dans les transports ne résultent pas d’interdictions réglementaires, mais de l’évidence pratique des nouveaux outils. Personne n’a jamais eu besoin d’interdire les chevaux pour que les automobiles s’imposent massivement.
Cette comparaison vise directement les polémiques actuelles autour de la fin programmée des moteurs thermiques. Pour Sander, ces débats détournent l'attention des véritables enjeux : démontrer les avantages concrets de l'électrique plutôt que de multiplier les contraintes. Cette philosophie industrielle privilégie la conviction sur la coercition.
Lever les obstacles plutôt que multiplier les interdictions
Fort de cette analyse, Volkswagen défend une approche pragmatique : « Prenons toutes les barrières. Parlons de ce que nous devons faire pour convaincre les clients », plaide Martin Sander. Le constructeur identifie quatre leviers prioritaires : le déploiement des infrastructures de recharge, la maîtrise des coûts énergétiques, la pédagogie sur les avantages électriques et l'amélioration de l'accessibilité financière.
Cette stratégie s'appuie sur une prédiction audacieuse : d'ici 2035, seuls 3 à 5 % des clients souhaiteront encore acquérir un véhicule à moteur thermique. Une conviction qui guide déjà les investissements du groupe, notamment avec le lancement prochain de l'ID. Polo et d'une variante GTI électrique.
Les chiffres européens semblent donner raison à cette vision. Les ventes de voitures électriques ont bondi de 33,8 % en avril 2026, témoignant d’une dynamique soutenue malgré les réticences persistantes. Cette croissance résulte de l’amélioration de l’autonomie, de la densification du réseau de bornes et de la diversification de l’offre.
Une stratégie européenne distincte des approches chinoises
Paradoxalement, Volkswagen refuse d'importer en Europe sa technologie de prolongateur d'autonomie développée pour le marché chinois. Cette décision illustre la complexité des stratégies industrielles dans un contexte de transition énergétique mondiale.
Selon Martin Sander, l'offre européenne actuelle couvre suffisamment les besoins des consommateurs avec ses cinq variantes : véhicules thermiques, hybrides légers, hybrides complets, hybrides rechargeables et électriques purs. « Comment voulez-vous découper le gâteau plus finement ? », s'interroge-t-il.
Cette approche reflète une philosophie industrielle où la simplification de l'offre prime sur la multiplication des variantes technologiques. Elle traduit aussi une confiance dans l'adoption progressive de la voiture électrique sans nécessité de solutions intermédiaires supplémentaires.
Néanmoins, le constructeur entend tirer parti de son expérience chinoise pour renforcer sa position face aux marques asiatiques sur le marché européen. « Tout ce que nous apprenons en Chine nous aidera à être compétitifs sur tous les autres marchés », assure Martin Sander. L'enjeu porte sur trois leviers déterminants : l'échelle, l'efficacité et les coûts.
La démonstration plutôt que la contrainte
Au-delà de l'analogie historique, la position de Volkswagen révèle une philosophie particulière de l'innovation technologique. Plutôt que de s'appuyer sur la contrainte réglementaire, le constructeur mise sur la démonstration des avantages pratiques de la voiture électrique.
Cette approche présente l'avantage de favoriser une adoption durable, fondée sur la conviction plutôt que sur l'obligation. Elle suppose néanmoins que les obstacles actuels soient effectivement levés dans les délais annoncés, comme d'autres défis environnementaux nécessitent une action coordonnée.
L'histoire jugera si la comparaison entre cheval et moteur thermique s'avère pertinente. Les initiatives pédagogiques se multiplient déjà, à l'image du projet du Washtenaw Community College qui convertit actuellement une Volkswagen Thing de 1974 en véhicule électrique pour 100 000 dollars, démontrant les possibilités de transformation.
Ce qui paraît certain, c'est que Volkswagen engage résolument son avenir sur cette transition, transformant une contrainte environnementale en opportunité industrielle. Reste à savoir si cette philosophie du changement naturel suffira face à l'urgence climatique, comme d'autres secteurs innovent pour répondre aux enjeux écologiques contemporains.
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Source: www.greenetvert.fr
