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Un contexte sanitaire tendu autour de Perrier
Le 3 décembre 2025, l’ARS Occitanie a soumis au préfet du Gard un rapport dans lequel elle donne un « avis favorable » au maintien du statut d’eau minérale naturelle pour Perrier, malgré des « contaminations » récurrentes enregistrées sur plusieurs captages du site de Vergèze. SelonLe Monde, cette décision s’appuie sur « des connaissances hydrogéologiques locales réactualisées » et le constat que deux forages, baptisés Romaine VI et Romaine VII, sont jugés « plus préservés » que les autres. Ces conclusions interviennent après une succession d’incidents sanitaires qui, depuis début 2024, ont jeté le doute sur la conformité des eaux Perrier.
En mars 2024, la présence de coliformes, d’Escherichia coli et de Pseudomonas aeruginosa a été détectée, conduisant à la destruction de deux millions de bouteilles. Cette décision a été suivie d’un arrêté préfectoral suspendant un des captages du site. Plus récemment, entre le 30 avril et le 28 novembre 2025, 9 534 palettes de bouteilles ont été isolées à la suite de contrôles internes révélant des écarts bactériologiques. Selon TF1 Info, 7 085 palettes ont été finalement libérées après vérifications, 34 détruites, et 2 415 restaient encore soumises à une requalification sanitaire. Cela représente l’équivalent de près de 4 millions de bouteilles.
Label maintenu sous conditions : vers un contrôle sanitaire renforcé
Alors que Nestlé Waters avait déposé une demande officielle pour conserver l’appellation « eau minérale naturelle », les autorités régionales ont opté pour un compromis. Dans son rapport, Didier Jaffre, directeur de l’ARS Occitanie, précise que cet avis favorable s’accompagnerait d’un dispositif de « contrôle sanitaire renforcé ». Ce cadre renforcé inclurait des analyses bactériologiques hebdomadaires, un suivi virologique mensuel et la mise en place d’un périmètre de protection renforcée autour des forages encore exploités.
Ce niveau de vigilance vise à compenser l’abandon progressif des traitements installés par Nestlé, notamment la microfiltration à 0,2 micron, jugée illégale car assimilée à un procédé de désinfection interdit pour une eau revendiquant sa pureté originelle. En juillet 2025, Nestlé a officiellement annoncé avoir retiré ces dispositifs. Toutefois, Le Monde souligne que l’entreprise doit encore prouver que « ses eaux restent naturellement pures », sans recours à des technologies correctives non autorisées.
Une décision influencée par le poids économique local
Si les autorités sanitaires temporisent, c’est aussi parce que l’enjeu dépasse la seule sécurité microbiologique. À Vergèze, dans le Gard, le site Perrier emploie environ 1 000 personnes. Sa fermeture ou le retrait de son label de qualité pourrait avoir des répercussions économiques majeures dans la région. À ce titre, le rapport de l’ARS tente de ménager l’équilibre entre la sécurité sanitaire des consommateurs et la préservation d’un bassin d’emploi. Ce tournant est d’autant plus important que, quelques mois plus tôt, la même ARS appelait à la suppression du label.
En avril 2025, à la suite de nouvelles contaminations, elle avait formellement demandé le retrait de l’appellation « eau minérale naturelle ». À l’époque, la légalité des traitements utilisés par Nestlé et l’ampleur des contaminations mettaient en cause la conformité du produit avec les exigences réglementaires de pureté à la source.
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Source: www.greenetvert.fr
