Le parc national de Loango, étendu sur 155 000 hectares et refuge pour des espèces telles que les éléphants, les hippopotames et les gorilles, est gravement affecté par la pollution plastique. Depuis la mi-août 2026, une équipe de quatre membres de Plastic Odyssey parcourt ses côtes pour établir une cartographie de cette menace omniprésente. Ils se préparent à une vaste opération de dépollution prévue pour 2027-2028, en collaboration avec l’UNESCO.
Table des matières
Le parc national de Loango : un patrimoine naturel exceptionnel sous menace
Loango est l'une des dernières régions sauvages d'Afrique centrale, où la faune vit en harmonie avec l'océan. Pourtant, la pollution plastique menace ce sanctuaire, transportée par les rivières et les courants marins depuis des lieux éloignés.
Ce parc abrite une diversité d'écosystèmes où éléphants et buffles partagent les plages, et où les hippopotames se déplacent entre lagunes et océan. Gorilles, léopards et espèces marines complètent cette riche mosaïque. Cependant, les déchets plastiques perturbent ces équilibres : ils s'accumulent sur les plages, piégeant la faune et contaminant les chaînes alimentaires.
Depuis 2022, Loango est candidat au patrimoine mondial de l'UNESCO, mais cette reconnaissance est menacée par la pollution plastique. Comment prétendre à un classement mondial quand les plages sont envahies de déchets ? L'UNESCO soutient Plastic Odyssey en tant que partenaire dans la future opération de dépollution.
La mission de reconnaissance : cartographier pour comprendre et agir
Durant quinze jours, l'équipe de Plastic Odyssey a méthodiquement exploré le littoral. Équipée de drones, panneaux solaires et matériel de transport, elle est partie de Port-Gentil le 19 août 2026 pour atteindre le nord du parc. L'objectif est de documenter et de mesurer les déchets avant toute intervention. Comme l'indique Gabonreview, « avant de ramasser, il faut mesurer ; avant de transporter, il faut déterminer les volumes et les points de collecte ».
Plus de 80 kilomètres de côtes sont cartographiés. Les drones identifient les accumulations de déchets et repèrent les zones critiques. Chaque déchet révèle son histoire : origine, type de plastique, niveau de dégradation. La mission va au-delà du nettoyage, cherchant à comprendre les sources des déchets pour organiser leur collecte durablement, selon Direct Infos Gabon.
La pollution plastique ne respecte aucune frontière. Les rivières apportent des déchets depuis l'intérieur des terres, et les courants marins les transportent depuis d'autres pays. Loango subit ainsi une pollution extérieure. Identifier ces flux permet de remonter aux sources, d'informer les pays concernés et de concevoir des solutions régionales. La gestion transfrontalière de la pollution est autant un enjeu géopolitique qu’écologique.
L'opération de dépollution 2027-2028 : une approche scientifique et durable
Sur la base des données collectées, Plastic Odyssey planifie une intervention majeure en 2027-2028. Après trois ans et demi d'expéditions mondiales, l'organisation concentre désormais ses efforts sur des missions ciblées dans des sanctuaires naturels protégés. Loango devient un site pilote pour tester une méthodologie réplicable.
La phase de reconnaissance est essentielle pour l'efficacité de la future dépollution. Combien de tonnes à évacuer ? Quels moyens nautiques utiliser ? Où établir les points de collecte ? Ces réponses définiront la logistique de l'opération. En 2024, Plastic Odyssey avait collecté 9,3 tonnes de déchets sur l'île Henderson. Les volumes au Gabon pourraient être bien plus importants sur 80 kilomètres de côtes.
La mission réunit quatre partenaires : l'Agence nationale des parcs nationaux (ANPN) pour sa connaissance du terrain, la Wildlife Conservation Society (WCS) pour la biodiversité, l'association gabonaise La Légion Bleue pour l'ancrage local, et l'UNESCO pour coordonner le tout en vue de protéger le patrimoine mondial. Mer et Marine note que Plastic Odyssey entre ainsi dans une nouvelle phase consacrée aux missions de dépollution ciblées.
Au-delà de Loango : un modèle pour protéger les sanctuaires naturels mondiaux
Le Gabon se mobilise également contre la pollution plastique. En mai 2026, les autorités ont introduit des dispositifs de rétention des déchets plastiques dans le Grand Libreville. La mission de Loango s'intègre dans cette dynamique nationale tout en visant un impact international.
Plastic Odyssey prévoit un navire cargo à voiles pour 2029, capable de transporter 250 tonnes de déchets, conçu pour opérer dans des zones isolées. La méthodologie testée à Loango pourrait être appliquée à d'autres sanctuaires touchés par la pollution plastique transfrontalière.
Mais une question persiste : la dépollution est-elle suffisante sans s'attaquer aux causes ? Comme pour d'autres enjeux environnementaux, la solution nécessite une transformation systémique : réduction de la production de plastique, meilleure gestion des déchets, responsabilisation des producteurs. Loango pourrait devenir un laboratoire pour cette approche globale, alliant dépollution et refonte des filières de collecte et de recyclage. Le parc mérite plus qu’un nettoyage : une protection durable de son intégrité écologique.
Cet article Gabon : 80 km de côtes sous surveillance contre la pollution plastique est apparu en premier sur Green et Vert.
Source: www.greenetvert.fr
