Le Journal officiel a publié le 22 août 2026 un décret gouvernemental autorisant EDF à engager les travaux préparatoires pour deux réacteurs EPR2 sur le site de Gravelines, dans le Nord. Cette autorisation environnementale, signée par le Premier ministre Sébastien Lecornu, la ministre de la Transition écologique Monique Barbut et le ministre de la Ville Vincent Jeanbrun, constitue une étape cruciale pour le programme nucléaire français. Elle permet à l'énergéticien de préparer le terrain sans toutefois autoriser la construction des bâtiments nucléaires eux-mêmes.
Table des matières
Une autorisation environnementale strictement encadrée
Le décret du 22 août : condition sine qua non pour avancer
Le décret marque un jalon administratif majeur dans le calendrier du programme nucléaire annoncé par Emmanuel Macron en février 2022. Gravelines accueillera deux des six réacteurs EPR2 prévus, aux côtés de Penly en Seine-Maritime et de Bugey dans l'Ain. Comme le précise EDF, « ce décret permet à EDF d'engager progressivement les premières opérations destinées à préparer le site à l'accueil du futur chantier ». Néanmoins, l’énergéticien insiste sur les limites de cette autorisation : « Il ne constitue pas l'autorisation de création des deux réacteurs EPR2 et ne permet pas d'engager la construction des bâtiments destinés à recevoir des matières nucléaires ou à abriter des équipements nécessaires à la sûreté nucléaire. »
Les travaux préparatoires et leurs impacts sur le site
Les opérations autorisées incluent la viabilisation des plateformes, les terrassements, la création d'une enceinte étanche et la relocalisation du terminal ferroviaire existant. Ces interventions, bien qu'indispensables, modifient profondément l'environnement immédiat. L'autorisation encadre rigoureusement chaque phase pour minimiser les perturbations écologiques, en imposant des mesures de compensation et de suivi environnemental. La décision finale d’investissement pour l’ensemble des six réacteurs interviendra avant la fin 2026, conditionnant le lancement effectif de la construction.
Transformation écologique du territoire dunkerquois
Relocalisation de la faune et flore : mesures de compensation
Le décret impose des mesures strictes de relocalisation de la faune et de la flore présentes sur les zones de travaux. Les écosystèmes locaux, déjà fragilisés par l'industrialisation du littoral dunkerquois, bénéficieront d'un suivi renforcé. Des zones de compensation écologique seront aménagées pour accueillir les espèces déplacées. Cette exigence réglementaire vise à préserver la biodiversité tout en permettant l'implantation des infrastructures énergétiques. Le contexte dunkerquois, marqué par une industrie dépendante des énergies fossiles, rend ces mesures d'autant plus cruciales pour éviter une dégradation supplémentaire des milieux naturels.
Relocalisation du terminal ferroviaire et réaménagement des espaces
Le terminal ferroviaire actuel, situé sur l'emprise prévue pour les nouveaux réacteurs, sera déplacé. Cette opération logistique complexe nécessite la création de nouvelles infrastructures de transport, garantissant la continuité de l'acheminement des matériaux et équipements vers la centrale.L'aménagement des espaces publics et industriels autour du site s'inscrit dans une logique d'intégration territoriale. Les autorités locales et EDF collaborent pour minimiser les nuisances sonores, visuelles et environnementales liées au chantier. La centrale de Gravelines, déjà composée de six réacteurs de 900 MW, a récemment connu des arrêts provisoires cet été en raison d'un afflux massif de méduses, rappelant la sensibilité de l’écosystème marin local.
Création d'un centre d'information du public
Un centre d'information du public sera établi pour accompagner les riverains tout au long du projet. Cette structure permettra de diffuser des informations transparentes sur l'avancement des travaux, les mesures environnementales adoptées et les impacts prévisibles. La communication avec les populations locales constitue un enjeu majeur pour garantir l’acceptabilité sociale du projet. Le centre organisera des visites, des conférences et des consultations publiques. Le but : renforcer le dialogue entre EDF, les autorités et les citoyens.
Décarbonation : l'enjeu climatique majeur
3.200 MW supplémentaires pour réduire la dépendance aux énergies fossiles
Les deux réacteurs EPR2 de Gravelines afficherontchacun une puissance de 1.600 MW, soit un total de 3.200 MW. Cette capacité supplémentaire s’inscrit dans la stratégie française de décarbonation de la production électrique. Le programme nucléaire vise à compenser la fermeture progressive des centrales à charbon. Mais aussi, réduire la dépendance aux énergies fossiles importées.La mise en service de la première paire de réacteurs EPR2, prévue à Penly en Normandie, est attendue pour 2038. Gravelines suivra dans les années suivantes, contribuant ainsi à sécuriser l’approvisionnement énergétique national tout en respectant les objectifs climatiques.
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Source: www.greenetvert.fr
