Le 29 janvier 2026, les derniers chiffres publiés par l’Observatoire européen des carburants alternatifs ont confirmé une tendance de fond. Les ventes de voitures hybrides rechargeables s’effondrent en France. En 2025, ce segment a reculé de près de 31 %, alors même que d’autres pays européens poursuivent leur électrification sans freiner sur ces modèles. L’industrie automobile tricolore fait ainsi face à une remise en question brutale d’une technologie pourtant perçue, jusqu’alors, comme un compromis prometteur entre thermique et électrique.
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Un effondrement brutal du marché français des hybrides rechargeables
En 2025, les voitures hybrides rechargeables ont connu un décrochage spectaculaire dans l’Hexagone : 113 221 unités immatriculées, soit une baisse de 30,7 % par rapport à 2023, selon l’Observatoire européen des carburants alternatifs (EAFO). Cette chute s’est accentuée dès janvier 2025, mois au cours duquel seulement 4 974 véhicules de ce type ont été enregistrés, contre plus de 10 500 l’année précédente, soit un repli de 53 %. Le contraste est d’autant plus saisissant que ces véhicules continuent à se développer sur d’autres marchés européens.
Ce retournement s’inscrit dans un contexte où le marché automobile français évolue rapidement : les motorisations thermiques reculent, les électriques progressent, et les hybrides rechargeables semblent coincées entre deux stratégies. Malgré leur capacité à circuler en mode 100 % électrique sur de courtes distances, elles peinent à convaincre un public de plus en plus sensibilisé à la transition énergétique… et aux contraintes fiscales.
Le malus au poids, catalyseur d’un désamour accéléré
Une des principales explications avancées par les analystes est le durcissement progressif du malus au poids, en particulier la fin des exonérations pour les hybrides rechargeables effective à partir de 2025, ce qui alourdit significativement le coût d’achat de ces modèles. Ce dispositif pénalise les véhicules de plus de 1 800 kg, seuil fréquemment dépassé par les voitures hybrides rechargeables du fait de la présence combinée d’un moteur thermique et d’une batterie lourde. Résultat, la facture s’alourdit pour les acheteurs, parfois de plusieurs milliers d’euros.
Le gouvernement a en effet supprimé certaines dérogations dont bénéficiaient les modèles hybrides rechargeables, considérés auparavant comme des alternatives vertueuses. En pratique, ce changement fiscal a inversé leur avantage comparatif face aux véhicules thermiques classiques ou aux 100 % électriques. Cette nouvelle politique a provoqué un réajustement brutal du comportement des consommateurs. Beaucoup se détournent de ces modèles, jugés trop chers et finalement peu rentables au regard de leur autonomie électrique souvent limitée.
Une tendance inverse en Europe : la France fait figure d’exception
Ce qui frappe, c’est que cette chute vertigineuse reste largement franco-française. Dans d’autres pays de l’Union européenne, les voitures hybrides rechargeables conservent leur place dans la transition énergétique. La part de marché des véhicules électrifiés, incluant hybrides et électriques, continue de progresser à l’échelle européenne, avec pour la première fois des ventes de voitures électriques pures supérieures aux modèles essence en décembre.
Cette dynamique européenne contraste avec l’effondrement français, accentuant la singularité des choix réglementaires hexagonaux. Certains experts estiment que la France, en pénalisant fiscalement les hybrides rechargeables tout en mettant en place des incitations limitées à leur adoption, a sabordé un palier technologique pourtant utile à court terme pour les automobilistes encore peu confiants dans les 100 % électriques. Autre indicateur de ce déséquilibre, les hybrides rechargeables ne représentent plus que 1,8 % du parc automobile français début 2025. En Allemagne ou en Suède, cette part reste nettement supérieure, preuve que d’autres stratégies sont à l’œuvre.
Une page qui se tourne pour l’hybride rechargeable ?
Si le renforcement du malus au poids est sans doute le détonateur de cette dégringolade, il n’en est pas l’unique moteur. Plusieurs facteurs convergent : évolution des attentes des consommateurs, critique croissante de l’efficacité réelle des hybrides rechargeables, souvent peu rechargées, et montée en puissance des véhicules électriques à plus grande autonomie.
Pour autant, certains constructeurs refusent d’abandonner totalement cette technologie. Ils y voient encore une étape transitoire pour séduire les réfractaires au tout-électrique. Mais leur avenir semble désormais incertain en France, où la politique fiscale privilégie clairement les modèles sans moteur thermique.
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Source: www.greenetvert.fr
