Le réacteur EPR de Flamanville sera mis à l’arrêt à partir du samedi 26 septembre 2026 pour une durée de 350 jours, soit presque une année sans production. Cette interruption, prévue de longue date, est imposée par la réglementation pour permettre la première inspection complète du réacteur dans les 30 mois suivant le chargement du combustible, réalisé le 8 mai 2024. Cet arrêt souligne l'importance accordée par l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) à la protection environnementale et à la prévention des risques.
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Un arrêt programmé pour la sûreté nucléaire
EDF a planifié cette immobilisation pour se conformer aux standards de sûreté. Selon Renaud Crassous, directeur adjoint performance de la division production nucléaire d'EDF : "Nous allons effectuer trois grandes inspections lors de cette visite complète n°1, une inspection approfondie de toute l'installation qui représente un coût de plusieurs centaines de millions d'euros. » Malgré le coût élevé, cela s’inscrit dans la responsabilité inhérente à l’exploitation nucléaire en France.
Les inspections visent à identifier toute anomalie pouvant compromettre l'intégrité des barrières de confinement. Dans une installation nucléaire, les défaillances mécaniques ou hydrauliques peuvent entraîner des rejets radioactifs. L'ASN impose ces vérifications systématiques pour protéger les populations et les écosystèmes marins de la Manche. La Normandie, région à la fois agricole et touristique, ne peut se permettre un relâchement dans cette vigilance.
Les trois axes de vérification : cuve, circuit primaire, étanchéité
L'arrêt mobilisera des centaines de techniciens et d'ingénieurs pour examiner les composants critiques du réacteur. Chaque inspection suit des protocoles stricts définis par l'ASN et validés par des organismes indépendants.
La cuve, contenant le cœur nucléaire, est la première barrière de confinement. Soumise à des conditions extrêmes, elle nécessite des examens non destructifs pour détecter fissures, corrosion ou déformations. Une défaillance ici pourrait libérer des matières radioactives dans le circuit primaire, puis à l'extérieur.
Le circuit primaire,qui transporte l'eau sous pression pour refroidir le combustible, subit des contraintes élevées. L’inspection vérifiera l’intégrité des soudures et le fonctionnement des systèmes de régulation. Une fuite exposerait les travailleurs aux radiations et pourrait contaminer les systèmes secondaires.
Les circuits hydrauliques auxiliaires, assurant le refroidissement de secours, doivent être étanches pour éviter tout relâchement radioactif. Les tests de pression et contrôles visuels permettront de détecter les faiblesses avant qu'elles ne causent des incidents.Unefuite survenue précédemment à Flamanville rappelle l’importance de cette vigilance.
Le couvercle défaillant : une anomalie persistante
L'arrêt de 2026 inclura le remplacement du couvercle de la cuve, reconnu défectueux depuis plus de dix ans. Cette pièce présente des anomalies métallurgiques, avec une teneur en carbone excessive affectant ses propriétés mécaniques. Bien que l'ASN ait toléré cette non-conformité, elle exige désormais le remplacement pour des raisons de sécurité à long terme, illustrant l'évolution des exigences en matière de sûreté.
EDF supporte le coût de cette correction différée. L'exploitant aurait pu anticiper ce remplacement pour éviter 350 jours de perte de production. Néanmoins, la transparence de l'entreprise et de l'ASN témoigne d'une amélioration continue de la culture de sûreté.Les normes des nouveaux EPR, comme ceux prévus à Penly, intègrent ces retours d'expérience pour éviter les erreurs de Flamanville.
Vers une meilleure gestion des risques dans le nucléaire français
L'arrêt de l'EPR de Flamanville s'inscrit dansla relance du nucléaire en France, avec six nouveaux réacteurs EPR2 prévus. Ces réacteurs corrigeront les défauts de conception et de gestion de Flamanville. Le site de Cattenom devra se préparer pour soutenir cette expansion industrielle.
Les 350 jours d'immobilisation représentent une perte de production mais sont un investissement dans la durabilité et la sécurité du parc nucléaire. En acceptant ces contraintes, la filière nucléaire française démontre sa priorité pour la protection environnementale. Les leçons tirées de cet arrêt permettront-elles d’éviter les dérives passées de Flamanville, dont le coût a atteint 13,2 milliards d’euros selon EDF, voire 19 milliards selon la Cour des comptes ?
L'enjeu est de restaurer la confiance du public dans cette technologie controversée, en prouvant que les standards de sûreté sont incontournables. Les mois à venir diront si cette inspection marque un tournant dans la gestion responsable du nucléaire français, ou si d'autres anomalies viendront rappeler la complexité de cette énergie bas carbone.
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Source: www.greenetvert.fr
