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Réserves d’eau : l’Irak à sec
« 2025 est l’une des années les plus sèches depuis 1933, et les réserves en eau sont actuellement à 8 % de leur capacité », a alerté le ministère des Ressources hydriques, cité par Libération. Cette annonce marque un effondrement brutal. Selon le média local 964media, le volume stocké dans les réservoirs irakiens a chuté de 57 % en un an, les précipitations hivernales n’ayant atteint qu’un tiers de leur niveau habituel.
Ce déficit hydrique asphyxie l’agriculture, réduit les capacités de production d’électricité par barrage, et pousse les ménages à recourir massivement à l’achat d’eau en bouteille pour les besoins de base. « Nous sommes entrés dans l’été avec seulement dix milliards de mètres cubes d’eau, au lieu des dix-huit milliards nécessaires », a reconnu une source officielle au journal The New Arab.
Des fleuves en péril, des responsabilités partagées
Le Tigre et l’Euphrate, veines historiques du pays, ne coulent plus qu’au ralenti. La raison ? En partie, le dérèglement climatique, mais pas seulement. La Turquie et l’Iran, en construisant des dizaines de barrages en amont, retiennent l’eau aux frontières.
L’Irak ne perçoit désormais que 27 % des flux espérés, selon 964media. Ces réductions, dénoncées de longue date par Bagdad, aggravent les tensions régionales, et rendent le pays dépendant de négociations hydropoliticiennes complexes.
Scènes d’épuisement et de colère populaire
Sous le soleil de plomb, les scènes se répètent : moteurs en surchauffe, passants cherchant l’ombre des brumisateurs, files devant les vendeurs d’eau. « Des centaines de personnes ont bloqué des routes et brûlé des pneus vendredi et dimanche, près d’Hilla et Diwaniyah », rapporte Libération.
Ces actions ne sont pas nouvelles, mais leur intensité croît à mesure que les températures et les frustrations montent. Le réseau électrique, déjà défaillant, cède sous la demande en climatisation. Dans certaines zones rurales, les coupures peuvent durer jusqu’à vingt heures par jour. Les autorités, dépassées, peinent à fournir des solutions structurelles. La population, elle, s’adapte tant bien que mal, ou quitte les régions devenues invivables.
Symptôme d’un dérèglement planétaire
Si l’Irak semble aujourd’hui être à l’épicentre du chaos climatique, le phénomène dépasse ses frontières.Le même jour, la Turquie a enregistré un record à 50,5 °C dans le sud-est du pays. L’Iran, lui, a vu une partie de son réseau électrique paralysé par une vague de chaleur extrême.
Le Moyen-Orient devient l’une des zones les plus vulnérables à l’emballement thermique, selon les rapports de la Global Heat Health Information Network.
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Source: www.greenetvert.fr