Un nouveau rapport de référence souligne, lundi 22 septembre, l’ampleur du décalage entre promesses et réalités concernant les combustibles fossiles. Selon ses auteurs, la production prévue en 2030 dépasse de 120 % la trajectoire compatible avec 1,5 °C et de 77 % celle conforme à 2 °C, ce qui contredit frontalement l’accord de Paris sur le climat et ses principes directeurs. Ces chiffres, issus d’une équipe conjointe du SEI, de Climate Analytics et de l’IISD, s’appuient sur des profils nationaux détaillés et une comparaison stricte avec des scénarios scientifiques reconnus.
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Combustibles fossiles : une trajectoire 2030 incompatible avec l’accord de Paris sur le climat
La nouvelle édition du « Production Gap Report » est sans ambages : les combustibles fossiles restent au cœur des plans d’extraction publics, alors que l’accord de Paris sur le climat exige une décrue rapide. Le document chiffre l’écart de production à +120 % pour la cible 1,5 °C et à +77 % pour 2 °C en 2030, ce qui confirme une tendance défavorable observée depuis 2019, mais qui s’accentue par rapport à 2023. Les auteurs notent que la planification publique anticipe désormais des niveaux plus élevés de charbon jusqu’en 2035 et un maintien à la hausse du gaz, tandis que le pétrole continue d’augmenter jusqu’en 2050, ce qui verrouille des émissions futures liées aux combustibles fossiles. Selon les équipes, ce verrouillage technologique creuse le fossé avec l’accord de Paris sur le climat et transforme des investissements actuels en futurs actifs échoués.
Dans ce contexte, la rhétorique politique ne suffit plus : les combustibles fossiles continuent de bénéficier d’un agenda expansif, malgré les promesses de transition. «En 2023, les gouvernements ont officiellement reconnu la nécessité de s’éloigner des combustibles fossiles… », rappelle Derik Broekhoff, coordinateur du rapport au SEI, soulignant que l’Accord de Paris sur le climat a désormais une portée juridique réaffirmée par la Cour internationale de justice. « Mais… beaucoup d’autres semblent rester enfermés dans un schéma dépendant des combustibles fossiles. », ajoute-t-il, pointant le paradoxe entre annonces et programmation budgétaire dédiée aux combustibles fossiles. Ces propos, recueillis à l’occasion de la publication, éclairent l’ampleur du décalage alors que les États finalisent leurs contributions mises à jour avant la COP30.
Qui augmente quoi face à l’accord de Paris sur le climat
Le rapport 2025 dresse le profil de 20 pays qui concentrent environ 80 % de la production mondiale de combustibles fossiles. D’après l’analyse, 17 sur 20 projettent d’accroître au moins un combustible fossile d’ici 2030, tandis que 11 ont relevé leurs perspectives par rapport à 2023 ; seuls 6 travaillent désormais sur des trajectoires d’extraction cohérentes avec leurs propres objectifs de neutralité carbone et, par ricochet, avec l’accord de Paris sur le climat.
Ce cadrage quantifié est crucial, car il détermine le rythme de déclin nécessaire dans d’autres régions pour compenser les hausses et, par suite, le risque d’un réchauffement supérieur à 1,5 °C. Par ailleurs, ces plans rendent plus coûteuse toute correction de trajectoire ultérieure, puisque les infrastructures de combustibles fossiles possèdent des durées de vie longues et des contrats d’approvisionnement rigides.Une dépêche reprise par BFM Business rappelle quela production cumulée de charbon, de pétrole et de gaz prévue à l’horizon 2030 équivaut à « plus du double (120 %) » de ce qui serait compatible avec 1,5 °C, tout en étant « 77 % trop élevée » pour 2 °C. Dans le même temps, les auteurs appellent explicitement à « inverser » cette dynamique avant la COP30.
Quelles inflexions pour respecter l’accord de Paris sur le climat
Face à ce constat, les auteurs formulent une recommandation centrale : réduire rapidement les investissements destinés aux combustibles fossiles et les réallouer vers des systèmes énergétiques sobres et résilients. « Pour maintenir l’objectif de 1,5 °C à portée, le monde doit réduire rapidement les investissements dans le charbon, le pétrole et le gaz…», insiste Emily Ghosh (SEI), dans le Production Gap Report 2025, en rappelant que la transition doit être « équitable » et pensée avec les communautés concernées, conformément à l’esprit de l’accord de Paris sur le climat. Cette reconfiguration implique, d’une part, la fin des nouveaux projets d’extraction et, d’autre part, une montée en puissance crédible des renouvelables, du pilotage de la demande et de l’efficacité énergétique, afin de faire reculer l’usage des combustibles fossiles de manière soutenue.
Dans un registre plus critique, Neil Grant (Climate Analytics) souligne l’angle mort politique :« Dix ans après Paris, les énergies renouvelables sont largement en tête… au lieu de se lancer dans la course, les gouvernements reculent à tâtons vers notre passé fossile.» Même si les solutions existent, les arbitrages budgétaires et réglementaires continuent de favoriser les combustibles fossiles, ce qui dilue la portée opérationnelle de l’accord de Paris sur le climat. Dès lors, les gouvernements sont confrontés à un choix : persister dans des trajectoires d’offre qui accroissent l’inertie carbone, ou engager une baisse programmée de la production, synchronisée avec des objectifs sociaux, industriels et climatiques compatibles avec 1,5 °C. Les données 2025 invitent clairement à la seconde option, sous peine d’amputer la marge d’action au cours de la prochaine décennie.
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Source: www.greenetvert.fr
