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Une hausse marquée des primes d’assurance
La montée des événements climatiques violents a un impact direct sur les tarifs d’assurance, notamment l’assurance habitation. Les assureurs voient leurs coûts d’indemnisation grimper en raison de la multiplication des sinistres liés au changement climatique, tels que inondations, tempêtes, sécheresses et incendies. Selon l’association UFC-Que Choisir, les primes d’assurance habitation ont augmenté de 7,2 % en 2024, passant de 279 € à 299 € hors TVA en moyenne sur un an, reflétant des hausses largement supérieures à celles observées avant la crise climatique. Cette augmentation, bien que déjà significative, serait seulement le prélude à un durcissement tarifaire pérenne à court terme. Cet effet inflationniste s’explique par un contexte de sinistralité accrue.
En 2024, plus de 4,6 millions de sinistres liés aux catastrophes naturelles ont été indemnisés pour un montant global de 8 milliards €, dont près de 5 milliards € directement attribués au dérèglement climatique, selon les données compilées par l’UFC-Que Choisir. Surtout, la surprime liée au régime des catastrophes naturelles (CatNat), qui constitue un élément obligatoire de la plupart des contrats en France, a connu une augmentation structurelle de 12 % à 20 % au 1ᵉʳ janvier 2025 pour compenser l’aggravation des sinistres climatiques. Ces hausses ne sont pas anecdotiques : elles sont le signe que le dérèglement climatique agit désormais comme un facteur permanent de tension sur l’équilibre financier des assureurs.
Pression sur les ménages et disparités territoriales
Pour de nombreux ménages, l’augmentation des primes se traduit par une pression économique directe. Dans certaines zones fortement exposées aux risques climatiques, les tarifs peuvent varier du simple au double à profil égal, en raison des différences d’exposition locales au risque. Cette disparité est particulièrement marquée en France, comme le souligne l’association UFC-Que Choisir, qui alerte sur l’émergence de territoires « potentiellement inassurables » où les compagnies restreignent leurs offres. Ce phénomène remet en question le principe même de mutualisation du risque qui fonde l’assurance.
Dans les zones à risque accru, les assureurs peuvent être tentés de limiter leur présence ou conditionner leur couverture à des franchises plus élevées, ce qui pèse lourdement sur les budgets des particuliers et des entreprises. Sur le plan macroéconomique, cette pression s’inscrit dans une tendance globale : les pertes assurées dues aux catastrophes climatiques se chiffrent en centaines de milliards de dollars à l’échelle mondiale. En 2025, les pertes totales causées par des catastrophes naturelles ont atteint environ 224 milliards de dollars au niveau mondial, dont environ 108 milliards de dollars ont été pris en charge par les assureurs.
Un modèle d’assurance fragilisé par le choc climatique
Face à ce constat, les acteurs du secteur et les associations de consommateurs appellent à une réforme en profondeur du modèle assurantiel français. L’UFC-Que Choisir plaide notamment pour des mesures plus protectrices des assurés, telles qu’une couverture obligatoire pour tous les ménages, une standardisation des informations produits et une plus grande transparence sur les taux de redistribution. D’une manière plus structurelle, plusieurs études prospectives estiment que la hausse des sinistres devrait se poursuivre dans les années à venir, ce qui se traduira par des pressions supplémentaires sur les coûts assurantiels.
Par exemple, la Caisse centrale de réassurance anticipe une augmentation de la sinistralité d’environ +40 % à horizon 2050 sous l’effet du changement climatique et recommande d’ajuster en conséquence le financement du régime CatNat. À l’échelle mondiale, les pertes dues aux catastrophes climatiques ont augmenté de manière significative ces dernières années, ce qui impose aux assureurs de revoir leurs modèles actuariaux et de tarification afin de maintenir leur solvabilité. Cela a pour effet secondaire de transférer une part croissante du coût des risques climatiques vers l’assuré, par des hausses tarifaires répétées et des franchises plus élevées.
Vers une assurance plus coûteuse, pour une planète plus instable
En définitive, l’augmentation des primes d’assurance reflète une réalité économique plus large : les effets du dérèglement climatique se matérialisent désormais dans les portefeuilles des ménages et des entreprises. Les aléas climatiques extrêmes sont à la fois plus fréquents et plus coûteux à indemniser, ce qui pousse les assureurs à réévaluer leurs modèles de tarification et à adapter leurs offres.
Le rôle de l’assurance, jadis considéré comme un filet de sécurité économique stable, est en pleine mutation. Entre la nécessité de garantir une couverture abordable pour tous et la pression croissante exercée par des dommages climatiques croissants, le secteur se trouve à un carrefour historique. Sans réforme ambitieuse du modèle assurantiel, les hausses tarifaires risquent de s’accentuer, transformant l’assurance en une charge financière encore plus lourde pour les citoyens confrontés à une planète de plus en plus instable.
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Source: www.greenetvert.fr
