Pourquoi les magasins Shein peinent à séduire en province ?
Après un premier magasin à Paris, Shein s'est installé en province le mercredi 25 février. Au sein des BHV de Limoges, Grenoble, Angers, Reims et Dijon, le géant de l'ultra fast-fashion fait dès lors concurrence aux commerces des centres-villes. En novembre 2025, l’arrivée de Shein dans la capitale avait déjà suscité la polémique. Mais malgré les manifestants, des milliers de clients s’étaient rués pour faire de bonnes affaires.
Sur son compte Instagram, le président de la Société des grands magasins, Frédéric Merlin, revendiquait « plus de 50 000 visiteurs » et « un panier moyen de 45 euros » en seulement cinq jours. Au bout d’un mois d’activité, la boutique avait accueilli 300 000 visiteurs, selon le groupe SGM à l’AFP début décembre. L’entreprise constatait cependant une baisse de 10 % de la fréquentation lors de la quatrième semaine.
Peu d'enthousiasme pour l'ouverture
Si la boutique parisienne avait fait un départ en trombe, la foule n'est pas au rendez-vous en province. À Angers, nos confrères du Parisien n’ont pas vu les clients se bousculer. Seuleune dizaine de personnes attendent devant le magasin, place du Ralliement, avant l’ouverture prévue à 10 h. L’après-midi n’est pas beaucoup plus animé : « Le magasin estun peu vide, petite fréquentation. Des rayons de grandes marques sont abandonnés », s’étonne un habitué des ex-Galeries Lafayette.
Du côté de la cité des rois, Reims, la situation n'est pas plus encourageante pour le géant du textile. "Il y a plus de policiers que de clients", explique un retraité devant les portes du BHV auprès de Marianne. Seuls sept clients ont également franchi les portes du magasin dijonnais à l’heure de l’ouverture, raconte l’AFP. Une action de don de vêtements est menée, à quelques rues, en signe de protestation face à l’arrivée du géant.
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Des polémiques qui entachent les ventes
La population n’accueille donc pas Shein à bras ouverts, signe que les nombreuses polémiques ont entaché l'image de la marque. Les ventes s'essoufflent, même en ligne, face aux nombreuses alertes des scientifiques et des ONG. Après deux années de forte croissance (+49 % en 2023 et +62 % en 2024), 2025 constitue une année catastrophique pour le secteur de l’ultra fast-fashion. La courbe affiche une baisse de 2 % des achats auprès des marques.
En octobre, la répression des fraudes (DGCCRF) avait constaté la vente de poupées sexuelles grimées en enfants sur le site de Shein. Un véritable raz-de-marée pour la marque qui s'ajoute aux nombreux rapports sur l'impact environnemental de ses produits. Cette controverse avait amené la direction à reporter l'implantation des boutiques physiques en provinces, initialement prévue en fin 2025.
Les conditions de travail des ouvriers de Shein font également l'objet de critiques à l'image d’un rapport d’ActionAid France et China Labor Watch. Les deux associations déplorent des conditions indignes pour un salaire de 0,06 à 0,27 euros la pièce dans les ateliers étudiés. De quoi refroidir les consommateurs de plus en plus sensibles aux enjeux éthiques.
Source: www.linfodurable.fr
