Pourquoi la réparation de la couche d’ozone pourrait contribuer au réchauffement
Depuis l’adoption du Protocole de Montréal en 1989, la couche d’ozone montre des signes encourageants de rétablissement, une réussite majeure de la coopération internationale. Cette protection naturelle reste essentielle pour limiter certains cancers de la peau en filtrant les rayons ultraviolets nocifs.
Mais l’ozone n’est pas qu’un héros : sa présence dans l’atmosphère peut aussi avoir des effets moins bénéfiques. Composée de trois atomes d’oxygène, cette molécule joue un double rôle. Dans la stratosphère, située à une vingtaine de kilomètres au-dessus de nos têtes, elle agit comme un bouclier protecteur. Mais près du sol, elle devient un polluant nocif, étouffant villes et routes.
Et son influence ne s’arrête pas là : sur le climat, l’ozone pourrait également avoir un impact plus complexe qu’on ne le pensait. Selon une étude publiée dans la revue Atmospheric Chemistry and Physics le 21 août, la chaleur qu’elle retient dans l’atmosphère pourrait partiellement compenser les bénéfices climatiques escomptés des politiques de réduction des gaz à effet de serre.
L’ozone, nouveau coupable climatique
Le rapport révèle ainsi qu'entre 2015 et 2050, l’ozone pourrait être responsable d’un réchauffement supplémentaire de 0,27 watt par mètre carré. Ce chiffre correspond à la quantité d’énergie supplémentaire piégée par mètre carré de surface terrestre. À ce rythme, l’ozone deviendrait le deuxième gaz le plus contributeur au réchauffement climatique, juste derrière le dioxyde de carbone (CO₂), dont l’effet est estimé à 1,75 W/m².
Malgré ce constat, il ne faut surtout pas remettre en cause les politiques de protection de la couche d’ozone, insiste William Bill Collins, auteur principal de l’étude. « Les pays agissent correctement en poursuivant l’interdiction des produits chimiques qui endommagent la couche d’ozone », affirme-t-il. Ces mesures restent, selon lui, essentielles pour protéger lasanté humaine, notamment en réduisant les cas de cancers de la peau.
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Les scientifiques réclament des aménagements
Les chercheurs britanniques à l’origine de l’étude appellent à renforcer les mesures climatiques à la lumière de leurs résultats. Ils recommandent une réduction plus ambitieuse des émissions de dioxyde de carbone, de méthane et d’autres gaz à effet de serre, pour limiter l’impact global du réchauffement.
Si de nombreux pays ont déjà engagé des actions pour limiter la formation d’ozone troposphérique présent près du sol et issu de la pollution atmosphérique , la reconstitution de la couche d’ozone stratosphérique devrait, elle, s’étendre encore sur plusieurs décennies. Située à une vingtaine de kilomètres d’altitude, cette couche concentre près de 90 % de l’ozone présent sur Terre et joue un rôle crucial en filtrant les rayons ultraviolets du Soleil. Les 10 % restants se trouvent dans la troposphère, la partie basse de l’atmosphère, où l’ozone devient un polluant nocif pour la santé et l’environnement.
Source: www.linfodurable.fr